Ces 5 humoristes donnent leur premier spectacle solo à la Place des Arts
Philippe Couture - 15 janvier 2019

Ces 5 humoristes donnent leur premier spectacle solo à la Place des Arts

Nouveaux visages ou quarantenaires osant la scène en solo pour la première fois, plusieurs comiques font leur première apparition solo sur une scène de la Place des Arts cet hiver. Regard sur les univers de Julien Lacroix, Mathieu Cyr, Pierre-Luc Pomerleau, Phil Roy et Mehdi Bousaidan.

 

Julien Lacroix, la star du web

L’École nationale de l’humour, un passage obligé ? Pas du tout ! Pour Julien Lacroix, la gloire est arrivée par d’autres chemins. Improvisateur redoutable depuis l’école secondaire, il y a développé une personnalité rassembleuse qui l’a mené à multiplier les collaborations avec de grands noms de l’humour.

L’autre ingrédient de son succès est un personnage web à la personnalité insolente et maladroite dont les apparitions sur YouTube sont vite devenues virales.

Après deux ans d’ascension fulgurante, le voici qui attaque les planches en solo, avec son humour incisif et rythmé. Celui qui a été sacré Découverte de l’année au gala Les Olivier 2017 arrive à la Place des Arts avec une expérience solide malgré son jeune âge.

On surveille aussi la sortie de son premier film, Mon ami Walid, autofinancé et réalisé avec son ami Adib Alkhalidey. Pas de tout repos, la vie de Julien Lacroix !

Julien Lacroix présente son premier spectacle solo, (jusqu’ici tout va bien), à la Cinquième Salle de la Place des Arts en janvier, février et mai 2019.

 

Mathieu Cyr, la maturité et l’équilibre

À 42 ans, Mathieu Cyr est loin d’être un jeune premier. Douze ans après sa sortie de l’École nationale de l’humour, il ose enfin se produire pour la première fois en formule solo.

Il a vécu l’expérience de l’humour à la dure dans les bars du Québec avant de connaître une certaine notoriété grâce à l’émission de télé Slack la cravate et à la websérie Adrienne. Il a aujourd’hui l’ambition de réconcilier la gauche et la droite avec son humour « politisé mais accessible ». Beau programme !

Volubile et sympathique, Mathieu Cyr dit qu’il a la « face d’un gars élevé sur un motocross », mais un esprit vif qui s’intéresse à tout. Son goût pour un humour efficace et « généraliste » n’enlève rien à sa singularité : il est après tout un ancien producteur de films de planche à neige qui s’est transformé en humoriste, doublé d’un papa dévoué qui fait l’école à la maison à ses deux enfants. L’objectif ? Éviter à sa progéniture le cauchemar de sa propre adolescence, alors qu’il a trimballé ses cahiers dans six écoles différentes. Le système d’éducation est d’ailleurs l’un de ses sujets de prédilection en spectacle.

Il est aussi animateur d’un balado, Le lift, et acteur dans la pièce Ma première fois.

Mathieu Cyr présente Le chaînon manquant les 15 et 16 janvier 2019, à la Cinquième Salle de la Place des Arts.

 

Pierre-Luc Pomerleau : les joies d’un humour classique et indémodable

S’il a échappé à une carrière de comptable, Pierre-Luc Pomerleau a néanmoins gardé sa bosse des maths. Il construit un humour agile dans lequel les anecdotes s’enchaînent avec une précision horlogère. Humoriste attachant au visage toujours souriant, il est l’amoureux qu’on veut présenter à sa mère ou le meilleur ami dont on a toujours rêvé : celui qui charme l’assemblée avec ses anecdotes savoureuses et son regard amusé sur le quotidien. Son humour a les qualités des grands classiques, qui touchent à l’universel.

Né dans les Cantons-de-l’Est, ce bachelier en comptabilité a choisi d’obéir aux ambitions humoristiques qu’il entretenait alors qu’il était placier au Vieux Clocher de Magog. Regardant soir après soir les spectacles des humoristes en rodage, il a laissé grandir en lui le rêve de brûler les planches à son tour.

C’est aujourd’hui mission accomplie : après avoir été applaudi par de nombreux publics en première partie de François Bellefeuille, il ose un premier spectacle bien à lui.

Diplômé de l’École nationale de l’humour en 2010, il a notamment reçu le prix Nez d’Or Révélation au Festival Grand Rire en 2013 et été finaliste dans la catégorie Découverte de l’année au gala Les Olivier 2015.

Pierre-Luc Pomerleau présentera son spectacle solo le 19 janvier prochain à la Cinquième Salle de la Place des Arts. Il a aussi assuré la première partie du spectacle de François Bellefeuille, à la salle Wilfrid-Pelletier, le 9 janvier dernier.

Crédit photo : Phaneuf

 

Phil Roy, un gars ordinaire extraordinaire

« Je suis un gars ben ordinaire », pourrait-il chanter sur l’air connu de Robert Charlebois. C’est du moins ainsi que Phil Roy aime se décrire, racontant son arrivée dans le monde de l’humour comme un sympathique accident de parcours. Au cégep, ce passionné de guitare classique et de planche à neige s’est senti vraiment vivant sur la patinoire d’improvisation, dopé aux rires de la foule et à la camaraderie festive des tournois intercollégiaux.

Éternel adolescent malgré un parcours humoristique sans faille, Phil Roy est un grand spécialiste de l’autodérision. Dans son premier « one man show » intitulé Monsieur, tournant sa vie en ridicule à coups de réflexions hilarantes sur son immaturité et son surpoids, il faisait crouler la salle de rire.

Maintenant adepte de la course à pied, celui qui s’est d’abord fait remarquer à l’émission En route vers mon premier gala Juste pour rire a bien roulé sa bosse. En première partie de Louis-José Houde en tournée, à la télé dans l’émission ALT ou à la radio au micro de Véronique et les fantastiques, ce diplômé de l’École nationale de l’humour s’infiltre dans toutes les couches du showbiz québécois.

Phil Roy présente pour la toute dernière fois son spectacle Monsieur le 14 février, à la Cinquième Salle de la Place des Arts.

Crédit photo : Sarah Dagnais

 

Mehdi Bousaidan, charismatique et réfléchi

Il est humoriste et de plus en plus comédien, et surtout l’un des visages incontournables de l’humour québécois des années 2010. Qu’il rigole de son écartèlement identitaire, entre québécitude et origines algériennes, ou qu’il déboulonne le quotidien à l’aide d’un regard caustique, il fait rire à tout coup.

Découvert au concours télévisé En route vers mon premier gala Juste pour rire en 2014, Mehdi Bousaidan a toujours voulu faire rire ses contemporains. Il dit tenir cette facette de sa personnalité de son père, qui est à son avis « la personne la plus drôle du monde ». L’humour coule dans les veines de la famille Bousaidan.

Au petit écran, on l’a vu briller dans les émissions MED, ALT, Trop et Like-moi sans imaginer un instant qu’il a failli étudier en théologie. Il continue d’ailleurs d’être animé par une intarissable soif d’apprendre.

Son style s’inspire autant de Gad Elmaleh que de Louis C.K., s’armant de traits d’esprit français et d’une rythmique américaine — une combinaison des plus efficaces. 

Mehdi Bousaidan présente son spectacle Demain du 2 au 27 avril, à la Cinquième Salle de la Place des Arts.

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