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Tendances : tous au théâtre !
Maryse Boyce - 22 janvier 2019

Rentrée hivernale : les nouvelles tendances au théâtre !

Depuis leur entrée en poste à la direction artistique du Théâtre Jean-Duceppe, David Laurin et Jean-Simon Traversy ont développé une programmation qui témoigne de la vitalité du théâtre et qui fait écho à l’actualité. Les deux codirecteurs nous parlent des nouvelles tendances qui s’imposent ici comme à l’international.

 

Où allez-vous chercher votre inspiration et quelles tendances voyez-vous émerger dans votre discipline ?

 

David (D) : Ce sont surtout New York et Londres qui nous inspirent ; c’est là que nous allons chercher plusieurs de nos idées.

 

En ce moment, le théâtre essaie de trouver des façons de faire concurrence à Netflix et aux autres formes de divertissement sur Internet. L’une des solutions consiste à proposer des formats différents. Par exemple en proposant au public des œuvres-fleuves, comme la pièce Harry Potter and the Cursed Child, sur Broadway, qui dure au total cinq heures ! 

 

Jean-Simon (J-S) : On voit aussi s’imposer de nouvelles façons de s’adresser au public. Le théâtre a traditionnellement érigé un quatrième mur, c’est-à-dire une séparation imaginaire entre l’action qui se déroule sur scène et le public dans la salle. Mais on supprime ce quatrième mur de plus en plus souvent. Avec des mises en scène où les acteurs se mêlent aux spectateurs, par exemple, ou encore des spectacles où le public est invité sur la scène.

 

Le théâtre documentaire connait aussi un certain engouement. Peut-on y voir une tendance ?

 

J-S : C’est une nouvelle tendance qu’on connait bien ici grâce à la compagnie Porte Parole, dirigée par Annabel Soutar, et qu’on sent aussi un peu à l’étranger.

 

Comme spectateur, le théâtre documentaire nous mène à apprivoiser et à mieux comprendre les sujets d’intérêt social qui sont abordés dans ce genre de pièces, voire à s’y attacher.

 

C’est une forme théâtrale que Duceppe n’avait jamais abordée, et qui nous intéresse beaucoup comme directeurs artistiques. C’est pour cette raison que nous voulions présenter J’aime Hydro, de Christine Beaulieu, qui s’inscrit dans cette tendance. D’ailleurs, avec ses 3 h 45 incluant l’entracte, la pièce rejoint la tendance aux spectacles-fleuves !

 

Les théâtres mettent aussi en place des moyens originaux pour attirer un public qui ne fréquente pas souvent le théâtre. Quels sont les moyens qui fonctionnent, selon vous ?

 

D : Il faut faire parler de théâtre en dehors des cahiers « Arts et spectacles » des journaux, parce que ce sont les gens qui vont déjà au théâtre qui lisent ces pages.

 

Le fait d’aborder des enjeux de société dans les pièces à l’affiche permet aussi de tendre la main à des gens qui n’iraient pas nécessairement au théâtre, mais qui s’intéressent à ces enjeux.

 

C’est le cas de la pièce Consentement, que vous avez programmée cet hiver et dont le propos résonne particulièrement avec le mouvement #MeToo. Est-ce que le balado que vous avez développé avec Voir est aussi une façon de s’adresser différemment au public ?

 

J-S : Oui ; je crois qu’il faut diversifier les façons de toucher le public, et le balado est un moyen intéressant pour y arriver. J’aimais l’idée de suivre la démarche derrière la pièce Consentement et de prolonger la réflexion grâce à ce balado. C’est l’approche que nous tâchons d’adopter avec nos équipes pendant la création d’une pièce, alors nous avions envie de partager cette expérience avec le public.

 

On sent aussi une volonté de démocratiser le théâtre. Comment se manifeste-t-elle chez vous ?

 

D : C’est sûr qu’en 2019, il faut sortir des ornières pour attirer un plus large public, puis le conserver en lui offrant les meilleures productions possible.

 

J-S : Chez Duceppe, nous tenons à montrer aux 18 à 35 ans que le théâtre est accessible, d’où notre politique selon laquelle entre 18 et 35 ans, le prix du billet correspond à l’âge du spectateur. Nous faisons aussi une place à de jeunes metteurs en scène et à de jeunes concepteurs.  

 

Nous avons par ailleurs adopté une formule « 5 à 7 » qui s’inspire du concept écossais « A Play, A Pie and A Pint ». En offrant une bière et une collation avec la pièce, dans un cadre décontracté, nous voulons montrer que le théâtre peut être abordable, à la fois sur le plan de l’atmosphère et du prix.

 

Est-ce que vous sentez un désir des différentes institutions théâtrales de collaborer entre elles ? 

 

J-S : Nous sentons une volonté d’être coopératifs, à l’image de ce qui se passe dans d’autres sphères de la société : les plateformes de partage se multiplient, que ce soit pour trouver un logement ou une voiture. Nous avons envie que le théâtre s’inscrive dans ce grand mouvement.

 

D : Je crois qu’au fond, nous faisons tous la promotion du théâtre, point. Au-delà de la vente des billets pour les spectacles que chacun met à l’affiche, nous voulons tous transmettre l’intérêt pour le théâtre.

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