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En orbite - Renaud Loranger du Festival de Lanaudière : au service de la beauté musicale
Crédit photo : Pure perception
Crédit photo : Pure perception
Maryse Boyce - 18 juillet 2019

En orbite - Renaud Loranger du Festival de Lanaudière : au service de la beauté musicale

C’est au Festival de Lanaudière que le nouveau directeur artistique Renaud Loranger a su, dès l’enfance, que la musique occuperait une place prépondérante dans sa vie. Originaire de Joliette, mais partageant désormais son temps entre le Québec et l’Europe, le trentenaire n’a pu résister à la proposition de prendre la tête de l’événement où tout a commencé pour lui.

 

Le directeur artistique nous entretient de son parcours, de sa vision du festival ainsi que du rôle central que l’amphithéâtre Fernand-Lindsay, qui célèbre ses 30 ans ces jours-ci, tient dans l’événement.

 

Comment décririez-vous l’influence que le Festival de Lanaudière a eue sur l’adulte que vous êtes devenu ?

 

Ce festival est la toile de fond de ma vie musicale ; il a orienté toute ma vie. Je suis né à Montréal, mais j’ai grandi à Joliette. Dans les années 1980 et 1990, on se rendait au festival en famille. Au début, j’y allais avec ma grand-mère, puis avec mes parents. Ensuite, à l’âge de le fréquenter seul, j’y assistais presque religieusement. C’était déjà la grande attraction à Joliette, à l’époque !

 

 

Quel a été votre parcours, et comment en êtes-vous venu à occuper le poste de directeur artistique ?

 

En 2003, j’ai commencé mes études en musicologie à l’Université de Montréal. À la fin de mes études, j’ai eu l’occasion de travailler à l’Orchestre symphonique de Montréal avec Kent Nagano. J’ai passé environ trois saisons à l’OSM, puis en 2010, je suis allé vivre à Berlin. J’y suis resté parce que j’ai trouvé du travail très rapidement chez Deutsche Grammophon, une grande étiquette de musique classique. J’y ai été pendant presque six ans.

 

En 2016, on m’a offert de reprendre la direction d’une maison de disques beaucoup plus petite, mais certainement aussi intéressante : Pentatone, aux Pays-Bas. J’occupe ce poste à temps plein, mais lorsque le Festival de Lanaudière m’a approché, au printemps 2018, j’ai eu très envie de m’impliquer aussi dans cet événement.

 

Est-ce que votre vision du festival est influencée par celle de son fondateur, le père Fernand Lindsay ?

 

J’ai connu le festival quand le père Lindsay était là. Il avait cette idée de créer un événement musical majeur hors des grands centres. J’ai entendu des artistes légendaires à Joliette et dans les environs ; ce sont des expériences uniques. Il s’agit d’un grand festival de musique classique, avec une présence importante des ensembles québécois. Ce qui distingue ce festival, selon moi, c’est cette présence de grands artistes internationaux qui viennent pour la première fois dans Lanaudière. C’est une joie extraordinaire pour moi de prolonger cette mission.

Vous êtes entré en poste à l’automne 2018 et avez réussi en quelques mois à constituer une programmation à la fois enracinée et ouverte sur le monde. Pouvez-vous nous parler de votre vision pour les prochaines années ?

 

La clé est toujours la même : plus on s’y prend tôt, plus on est libre, puisque les programmations à l’international s’élaborent souvent un ou deux ans à l’avance.

 

On est déjà bien avancés dans nos démarches pour 2020. Je commence même à établir des contacts en vue de l’édition 2021 et à griffonner des idées pour 2022…

 

Ma vision d’ensemble est que le festival peut poursuivre sa croissance et devenir un pôle d’attraction encore plus fort pour les artistes et les orchestres d’envergure internationale.

 

À l’inauguration de l’amphithéâtre qui porte son nom, Fernand Lindsay avait dit : « La musique s’est fait un nid dans Lanaudière, il en sortira de grandes choses ». En quoi ce lieu de diffusion agit-il comme le « nid » du festival ?

 

J’assiste à des concerts partout à travers le monde. Ces deux dernières semaines, je me suis assis à l’amphithéâtre pour la première fois depuis plusieurs années, et je dois dire que le lieu a quelque chose de magique. L’acoustique est exceptionnelle ; la forêt nous entoure. C’est le lieu parfait pour une communion esthétique et musicale profonde. Nous fêtons ces jours-ci le 30e anniversaire de l’amphithéâtre, qui a été inauguré le 17 juillet 1989. Il n’a pas pris une ride ! 

 

Les artistes réagissent d’une façon particulière lorsqu’ils y jouent. Ce n’est pas formel, ce n’est pas un arrêt comme les autres dans le grand circuit des salles de concert des métropoles. Se produire à Lanaudière l’été, pour eux, c’est comme prendre une grande respiration.

 

Créer ces rencontres entre public et artistes dans un espace qui est convivial et musicalement exceptionnel, c’est toute une chance.

 

 

Voilà qui résume l’esprit du lieu comme du festival : l’occasion de vivre ensemble une expérience d’une grande beauté, et d’emporter cette beauté avec soi.

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