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Bollywood
Anne-Hélène Dupont - 4 avril 2019

Les films de Bollywood : un régal !

Bien avant que Netflix diffuse sur Internet, je louais des copies VHS de films de Bollywood dans des échoppes de Parc-Extension. Pour un dollar, je m’évadais pendant quelques heures dans un univers haut en couleur, où l’amour triomphe en musique.

 

À mon arrivée dans la métropole, au début des années 2000, la culture indienne s’est dévoilée à moi par petits bouts. J’ai élu domicile avec mon amoureux à la limite de Parc-Extension, la « Petite Inde » de Montréal. À notre arrivée, les murs de l’appartement étaient jaunis par le curcuma et imprégnés de parfums épicés – souvenirs des locataires précédents. Dans la station de métro la plus proche, je croisais des femmes et des hommes vêtus de couleurs éclatantes, le front barré de cendre au retour du temple.

 

L’Inde par les sens

 

Mais c’est à un professeur d’anthropologie que je dois ma découverte du cinéma de Bollywood. Ce spécialiste de l’Asie du Sud-Est tenait à ce que ces étudiants découvrent l’Inde par les sens. Il nous entraînait dans les temples hindous, les restaurants indiens et les magasins de saris de l’Ouest-de-l’Île. Il consacrait une séance entière à la diffusion du mégasuccès bollywoodien Kuch Kuch Hota Hai (littéralement : « Quelque chose, quelque chose se passe »).

 

Gros plans soulignant les émotions d’un Rahul (Shahrukh Khan) déchiré entre sa volonté d’être fidèle à la mémoire de sa défunte femme et ses sentiments renouvelés pour Anjali (Kajol), son amie d’université de retour dans sa vie; chorégraphies exécutées par des dizaines de danseurs autour de l’héroïne aux cheveux dans le vent… Je suis ressortie de la salle de cours avec le sourire collé au visage. Et la chanson thème du film a tourné en boucle dans ma tête pendant des jours !

 

La musique et la danse avant tout

 

Le cinéma de Bollywood doit une grande partie de son charme à ces chansons où les sonorités typiques de la musique classique nord-indienne prennent des accents résolument pop. Ces pièces accrocheuses donnent lieu à des chorégraphies à grand déploiement, interprétées avec un enthousiasme contagieux.

 

À une époque où la diffusion de films en continu sur Internet était encore inimaginable, les dépanneurs de Parc-Extension sont devenus mes pushers de films de Bollywood. C’est grâce à ces vidéocassettes louées pour un dollar par semaine que j’ai découvert le premier film où Shahrukh Khan avait partagé la vedette avec Kajol, Dilwale Dulhania Le Jayenge, puis que j’ai retrouvé le couple chouchou des Indiens (le mien aussi) dans Kabhi Khushi Kabhie Gham

 

Je me délecte de ces intrigues mélodramatiques au romantisme exacerbé et aux pauses musicales un brin kitsch, mais je m’aventure parfois dans d’autres genres du cinéma indien, comme les films d’action où l’on sent l’influence hollywoodienne (Om Shanti Om, par exemple) et les films historiques, comme l’acclamé Lagaan, dont la puissante trame sonore signée A. R. Rahman est considérée par plusieurs comme le chef-d’œuvre du compositeur qui a reçu en 2008 deux Oscars pour la trame sonore de Slumdog Millionnaire.

 

Et pour mon plus grand bonheur, le développement de la diffusion de films sur Internet rend plus facile que jamais l’accès à cette cinématographie colossale, mais trop peu connue chez nous.

 

Je sais que le cinéma de Bollywood est à l’Inde ce que le cinéma hollywoodien est aux États-Unis : une séduisante illusion où percent aussi les inquiétudes et les tensions collectives. Mais ces considérations intellos perdent toute emprise sur mon cerveau dès que retentissent les premières notes de l’un de ces irrésistibles films musicaux.

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