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Crédit photo : Yannick Giguère - Cirque Éloize
Crédit photo : Yannick Giguère - Cirque Éloize
Valérie Cordier-Chemarin - 4 avril 2018

Hotel, du Cirque Éloize : les dessous de la vie de tournée

Pour la création du spectacle Hotel, en hommage à ses 25 ans d'existence, le Cirque Éloize s’inspire de sa longue expérience des hôtels de partout dans le monde. Rencontrés dans les locaux du Cirque à Montréal, durant un atelier de création et d'exploration, les artistes lèvent le voile sur leurs nuits de tournée et sur leur prochain spectacle.

Chine, Brésil, France, Arabie saoudite, Nouvelle-Zélande… la troupe du Cirque Éloize parcourt chaque année plusieurs milliers de kilomètres pour aller à la rencontre de son public. Chaque jour, une nouvelle ville, chaque soir, un nouvel hôtel. C’est dans cette vie nomade que le Cirque puise l’inspiration de son nouveau spectacle Hotel, coproduit par la Place des Arts et TOHU, qui sera présenté au Théâtre Maisonneuve en novembre 2018.

À travers l’acrobatie, le théâtre, la danse et la musique, le spectateur sera plongé dans une aventure cosmopolite où se croisent employés et clients d’hôtels. « Lorsqu’on voyage, on rencontre des personnes d’origines et de cultures différentes, raconte le clown Jérémy Vitupier, qui roule sa bosse avec la troupe depuis quatre ans. C’est très enrichissant, même si nous ne restons pas longtemps avec elles. Notre vie, c’est de rencontrer et de quitter des gens. Nous sommes à la fois tristes de partir, et heureux des nouvelles rencontres que nous réserve la prochaine escale. »

Un rythme de vie intense

Les séjours des circassiens dans chaque ville varient de quelques heures à plus d'une semaine. Un rythme effréné qui n’empêche pas les artistes de profiter au maximum de chaque escale. « Pendant que les techniciens travaillent à l’installation de la scène et à la préparation des costumes et des accessoires, on s’entraîne un peu ou on en profite pour aller visiter la ville et rencontrer les gens qui y habitent», dit Jérémy Vitupier.

Crédit photo : Yannick Giguère - Cirque Éloize

Pour s’imprégner de la culture, il arrive même que l’acrobate dorme chez l’habitant. « Parfois, mes hôtes ne parlent ni français, ni anglais, relate-t-il. C’est parfois difficile, mais ça donne lieu à des échanges passionnants et ça garde vivant. En Chine et au Brésil, par exemple, on se parlait avec les mains, mais on arrivait toujours à se comprendre ! »

La rencontre avec le public aussi est différente selon les pays. « Chaque fois que tu changes d’endroit, ce n’est plus le même show, affirme Sabrina Halde, qui a vécu plusieurs tournées en Europe avec le groupe de musique Groenland avant de rejoindre la troupe du Cirque Éloize. En Allemagne, les gens n’applaudissaient qu’à la fin de la dernière note. C’était très surprenant au début, car ici, au Québec, les gens applaudissent et chantent tout le temps ! »

L’esprit de famille

Même si les artistes ont le champ libre après le spectacle, ils profitent rarement des soirées endiablées que propose leur ville d’accueil. « On fait déjà la fête sur scène, on n’a donc pas besoin de sortir en club pour se défouler ! » lance l’acrobate César Mispelon, qui était de la tournée du spectacle Cirkopolis en Chine. Mêmes échos du côté de Sabrina Halde : « Habituellement, on se contente d’aller souper et de prendre un verre tous ensemble après le spectacle, ou on retourne à l’hôtel pour se détendre. »

Pour garder le moral pendant les longues tournées, les artistes ont recours au jeu. « On fait des blagues ou on se joue des tours entre nous, ça garde une bonne ambiance, rigole Jérémy Vitupier. En Chine, nous avions fabriqué une sorte de calendrier de l’Avent pour compter les jours jusqu’à la fin de la tournée. Tous les jours, les techniciens ouvraient une case et trouvaient une blague, un cadeau, un chocolat… À Noël, on fait aussi un Secret Santa pendant tout le mois de décembre. On cache des cadeaux dans les coulisses et on fait des chasses au trésor. »

La plupart du temps, les soirées sont tranquilles. « On joue à un jeu de société, on regarde un film… On ne peut pas se permettre de folles virées, explique César, car il faut être en forme pour le spectacle. Si on est fatigués, on a une moins bonne concentration, et comme on travaille en duo, ça peut être dangereux. Si je fais un faux mouvement, mon partenaire peut se blesser. »

Credit photo : Yannick Giguère - Cirque Éloize

Dans le monde du cirque, les voyages ne forgent pas seulement le caractère, mais forment une famille soudée, qui partage les bons comme les mauvais moments. Cet esprit animera le nouveau spectacle Hotel, présenté au Théâtre Maisonneuve du 14 au 17 novembre, avant de mettre le cap sur d'autres contrées.

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