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Théâtre sans fil : près de 50 ans de bonheur grand format
Violaine Ducharme - 26 février 2018

Théâtre sans fil : près de 50 ans de bonheur grand format

Pour la semaine de relâche, la Place des Arts coproduit une exposition qui retrace le parcours du Théâtre sans fil, qui cesse la production de nouvelles oeuvres après 47 ans de spectacles de marionnettes de grande taille. C’est un regard fier qu’André Viens, le directeur artistique et général du Théâtre, jette sur le chemin parcouru.

 

Les spectacles de marionnettes géantes du Théâtre sans fil (TSF) ont enchanté petits et grands sur plus d’une génération depuis le début des années 1970. Le TSF a vu le jour alors qu’une poignée d’étudiants en animation culturelle à l’UQAM, dont faisait partie André Viens, a monté L’araignée, une pièce tirée du folklore japonais.

 

« Pour la dernière année du bac, raconte André Viens, Pierre Régimbald, le créateur des marionnettes de Passe-Partout, était venu nous expliquer l’art de la marionnette. C’est ainsi qu’on a découvert le bunraku, l’art japonais de la marionnette de grande taille, et ça nous a fascinés : la marionnette pouvait avoir une vision sociale et engagée, et s’adresser aux adultes ? On était loin de Pépinot et Capucine ! »

 

L’araignée connaît un succès critique phénoménal. L’avant-gardisme de la production y était pour beaucoup : des marionnettes mesurant de 5 à 7 pieds de hauteur, une scène à 360 degrés… « C’était très flyé, se rappelle le directeur artistique, et la réponse du public qui a suivi nous a donné l’idée de créer un nouvel art de la marionnette et de fonder le Théâtre sans fil pour le présenter. »

 

Un succès à grand déploiement

Le TSF s’attelle alors à la production de nombreuses pièces, dont la popularité toujours grandissante assoit la crédibilité de la compagnie : Hé Zop !, Monsieur Mockinpott, Les Jeux sont faits et autres pièces sont présentées dans des régions peu visitées par des productions culturelles et permettent de développer le talent et les connaissances de ses artisans. Une chance, car l’envergure des productions le demandait !

 

« Ça prenait en moyenne deux ans pour monter une production, dont 12 à 14 mois pour la fabrication des marionnettes. Une dizaine de personnes travaillaient dans l’atelier ; on y modelait les têtes, ensuite on faisait les corps, on habillait les têtes, on fabriquait les costumes... »

 

L’univers de Tolkien inspirera les productions du TSF qui ont le plus marqué les esprits : Le Hobbit ainsi que Le Seigneur des anneaux ont roulé à guichets fermés pendant des années, et sur tous les continents !

 

Des effets très spéciaux

Il n’y avait pas que les marionnettes grandeur nature, voire gigantesques, qui en mettaient plein la vue. André Viens et son équipe ont travaillé fort pour offrir au public des créations avec une mise en scène époustouflante, souvent appuyée par la technologie.

 

Dans cette optique, selon le directeur artistique, les bandes sonores ont permis au TSF de passer à un autre niveau. « Jusqu’en 1976-77, on a toujours eu des musiciens sur scène, mais en enregistrant les bandes d’avance, on arrivait à faire des productions de qualité supérieure. » Un processus plus long et plus difficile, certes, mais qui a permis au TSF de travailler avec de grandes voix comme Albert Millaire et Catherine Bégin (car les meilleurs marionnettistes ne sont pas nécessairement de grands comédiens !)… En plus de permettre une traduction facile des pièces (anglais, vietnamien, hébreu, etc.), idéale pour l’exportation.

 

On peut affirmer que c’est lors du 350e anniversaire de Montréal, en 1992, que le Théâtre sans fil parvient au sommet de son art : Le Grand Jeu de nuit, un spectacle son et lumière auréolé de projections, d’une distribution impressionnante et de personnages articulés mesurant jusqu’à 8 mètres de hauteur, retrace les grands moments de l’histoire de Montréal. Accompagnée d’une trame sonore enflammée, cette fresque grandiose avait pour toile de fond rien de moins que l’église Notre-Dame !

 

 

 

André Viens se rappelle l’accueil formidable du public. « On avait construit des estrades pour 2 700 personnes, mais il a fallu en ajouter pour 3 500 places, c’était plein 15 jours d’avance ! »

 

Une exposition qui en met plein la vue

Du 6 au 25 mars prochain, André Viens nous invite à la Place des Arts pour explorer la richesse du parcours du TSF dans l’exposition THÉÂTRE SANS FIL, 47 ans de marionnettes géantes. « Il aurait fallu une salle 10 fois plus grande, s’exclame-t-il en riant, alors on a fait des choix ! » Les visiteurs pourront ainsi admirer plusieurs marionnettes qui ont décroché la mâchoire de bien des spectateurs (dont celles du Seigneur des anneaux), contempler certaines maquettes, apprendre les étapes de conception des personnages, visionner des extraits de spectacles, en plus de la possibilité de participer à des ateliers de fabrication et de manipulation des marionnettes proposés pendant la semaine de relâche.

 

André Viens a toujours axé le Théâtre sans fil sur les gens. « On a présenté nos spectacles dans des prisons, des hôpitaux, des résidences de personnes âgées, des institutions de santé mentale… Ça leur apportait de la magie, car les marionnettes de grande taille et les effets spéciaux font en sorte qu’on oublie les manipulateurs. Les adultes retrouvaient leurs propres rêves. »

 

Et son rêve à lui ? « Le mien était d’aller dans de grands théâtres, dans de grandes salles de grandes villes et faire découvrir notre art — donc oui, j’ai le sentiment d’avoir accompli un rêve ! » conclut-il avec un sourire dans la voix.

 

Atelier de manipulation de marionnettes, ateliers de cirque, spectacle de Jamie Adkins à la Cinquième Salle… Consultez ici la programmation complète des activités offertes à la Place des Arts pendant la semaine de relâche !

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