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Terence Blanchard, le nouveau roi de la trompette jazz
Anne-Hélène Dupont - 14 janvier 2019

Terence Blanchard, le nouveau roi de la trompette jazz

Figure de proue du renouveau du jazz acoustique dans les années 1980, le virtuose de la trompette Terence Blanchard est aujourd’hui un musicien aux influences multiples et un compositeur des plus prisés. Présentation de ce jazzman marquant.

 

Né en 1962 à La Nouvelle-Orléans, le petit Terence Oliver Blanchard a cinq ans lorsqu’il commence à faire trotter ses doigts sur les touches d’un piano. Trois ans plus tard, il découvre la trompette aux côtés de son ami Wynton Marsalis.

 

C’est d’ailleurs cet autre brillant trompettiste qui recommande en 1982 à la légendaire formation The Jazz Messengers d’embaucher son ami de toujours pour le remplacer au sein du groupe. Blanchard a alors à peine 20 ans.

 

« Il a tout de suite été bien accueilli dans cette formation, indique Stanley Péan, animateur de Quand le jazz est là sur ICI Musique. Il est l’un des rares trompettistes à avoir reçu l’accolade de Marsalis. »

 

« Blanchard a un son extraordinaire et c’est un grand improvisateur. Parmi les musiciens de jazz actuels, il est dans le peloton de tête. C’est une référence pour sa génération, comme Miles Davis l’a été pour la sienne. »

 

Terence Blanchard est l’un des musiciens préférés de l’homme de radio et écrivain, qui voit dans la trompette l’instrument roi du jazz : « Blanchard a un son extraordinaire et c’est un grand improvisateur. Parmi les musiciens de jazz actuels, il est dans le peloton de tête. C’est une référence pour sa génération, comme Miles Davis l’a été pour la sienne. »

 

Du jazz progressiste au cinéma… et à l’opéra

 

En 1990, Blanchard quitte les Messengers et délaisse le son caractéristique de cette formation pour mener ses propres explorations musicales, dans le filon post-bop.

 

La même année, il met un pied dans l’univers du cinéma en doublant à la trompette Denzel Washington, qui incarne le protagoniste du film Mo’ Better Blues. C’est le début d’une riche collaboration avec le réalisateur Spike Lee. « Cette expérience lui a ouvert la porte du milieu cinématographique, explique Stanley Péan. Depuis, Spike Lee fait presque exclusivement appel à lui pour les trames sonores de ses films. »

 

La liste des films dont Blanchard a signé la trame sonore compte aujourd’hui plus de quarante titres, auxquels il faut ajouter des compositions pour le théâtre et la musique de l’opéra en jazz Champion, sur la vie du boxeur Emile Griffith.

 

Le son de la liberté

 

Dès les années 1990, Blanchard a nourri sa trompette de partitions issues de familles musicales diverses. En 1996, l’album The Heart Speaks, pour lequel Blanchard a collaboré avec le grand chanteur et compositeur brésilien Ivan Lins, offrait une relecture inusitée des thèmes de la bossa-nova.

 

Les albums qu’il compose avec E-Collective, son ensemble actuel, poussent plus loin cet éclatement des références musicales. Breathless (2015) parle la langue du jazz avec des accents funk et rap, voire une touche de hard rock dans certaines pièces où les guitares électriques s’en mêlent.

 

« Quand on parle de jazz, on parle d’une musique libre. »

 

En entrevue au magazine PopMatters, à l’occasion de la sortie de son album Magnetic (2013), Blanchard refusait de baliser son style : « I don’t think about having a “Blanchard sound”. […]  The statement I’m making on this record is that this band is freedom—it’s free. When we talk about jazz, we talk about the freedom of the music. »

 

Traduction libre : « Avoir un “son Blanchard” ne fait pas partie de mes préoccupations. […] Ce que j’affirme avec cet album, c’est que ce groupe [E-Collective] incarne la liberté. Il est libre. Quand on parle de jazz, on parle d’une musique libre. »

 

Chose certaine, le lauréat de cinq prix Grammy ne craint pas d’aborder en musique des sujets chauds sur le plan social et politique, comme la violence policière, le racisme et, dans son opéra Champion, l’homophobie. Il s’en fait même un devoir — et tous les moyens musicaux sont bons pour y arriver.

 

L'Opéra de Montréal présentera Championen première canadienne, du 26 janvier au 2 février 2019 à la Salle Wilfrid-Pelletier.

 

Les suggestions de Stanley Péan pour découvrir l’œuvre de Terence Blanchard

 

Le film Mo’Better Blues (1990), de Spike Lee. « Denzel Washington est le personnage principal du film, et c’est Blanchard qu’on entend à la trompette quand il joue. »

 

 

 

Le film Malcolm X et l’album The Malcolm X Jazz Suite. « Comparer la trame sonore du film, de style hollywoodien, à l’album sur lequel Blanchard réinterprète les pièces avec un petit ensemble donne accès à deux facettes de son talent. »

 

 

 

L’album Breathless (2015) « Breathless montre l’ouverture des horizons musicaux de Blanchard ces dernières années. »

 

 

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