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Tendance : le magnétisme du ballet classique
Maryse Boyce - 28 janvier 2019

Tendance : le magnétisme du ballet classique

Entraînement inspiré du ballet, dessins animés et documentaires sur cette discipline... Le ballet classique a décidément la cote ! Gros plan sur cette tendance.

 

Pas besoin de chercher bien loin pour trouver des manifestations du ballet classique dans la culture populaire. Cet automne seulement, on a pu en apercevoir à l’émission de danse Révolution, dans le documentaire de l’ONF Point d’équilibre, qui suit le parcours d’étudiants de l’École supérieure de ballet du Québec, et dans le plus récent film d’animation de Disney, Casse-Noisette et les quatre royaumes.

 

 

 

 

Ces références à la danse classique attisent une curiosité pour la discipline, et les différentes institutions montréalaises offrant des cours au grand public le constatent. « Quand le film d’animation Ballerina est sorti, ça a donné aux enfants l’envie de faire du ballet. On voit de petites augmentations dans nos chiffres de fréquentation au moment de la sortie de ce film », confirme Camille Rouleau, fondatrice de Ballet Hop !, une école qui offre des cours de ballet « décomplexés » aux petits et aux grands depuis ses locaux du Mile-End ainsi qu’à Verdun et à Longueuil.

 

« La série documentaire Danser !, qui a été diffusée par ARTV en 2014, on m’en parle encore ! » acquiesce Lili Marin, directrice adjointe aux communications et relations publiques de l’École supérieure du ballet du Québec (ESBQ). Rappelons que cette série suivait sept élèves de l’ESBQ au cours de leur dernière année d’études dans cette institution.

 

« Il y a un bel engouement pour la danse ces années-ci, et on s’en réjouit », ajoute Lili Marin.

 

Des cours pour tous les corps et tous les goûts

 

Pour répondre à cet élan d’enthousiasme, l’offre de cours s’est élargie. Aux Grands Ballets Canadiens de Montréal, les amateurs peuvent s’inscrire à divers cours de danse adaptés à leur niveau et s’y adonner matin, midi ou soir. « Parmi les cours que nous offrons, on voit effectivement un grand intérêt pour le ballet et les disciplines connexes. L’entraînement à la barre, par exemple. Ce sont les cours qui affichent complet le plus rapidement », observe Natalie Dion, chef relations publiques et médias aux Grands Ballets Canadiens de Montréal.

 

À l’ESBQ, le programme récréatif pour enfants affiche complet (en plus de tenir une liste d’attente), alors que les cours pour adultes se remplissent bien, à tel point que des cours destinés aux hommes et aux adultes de plus de 55 ans sont désormais offerts. « Cette nouvelle offre est née d’une demande, reconnaît Lili Marin. D’autres clientèles avaient envie d’avoir des cours qui leur étaient adaptés. »

 

«Il y a de la place pour tout le monde en ballet, pour les professionnels comme pour ceux qui pratiquent cette danse de manière récréative et qui veulent simplement l’apprécier »

 

Même son de cloche du côté de Ballet Hop !, qui se décrit comme « la ligue de garage du ballet ». Depuis 2016, la compagnie connaît une croissance constante, ce qui lui permet de diversifier son offre de cours. Si sa clientèle cible est principalement constituée de femmes de 25 à 45 ans, l’équipe développe en ce moment un programme de danse-études pour les jeunes ainsi qu’une spécialisation destinée aux personnes âgées.

 

« Je crois qu’il y a de la place pour tout le monde en ballet, pour les professionnels comme pour ceux qui pratiquent cette danse de manière récréative et qui veulent simplement l’apprécier », dit Camille Rouleau.

 

Les réseaux sociaux pour sortir du cercle

 

« L’une des belles surprises des dernières années, c’est la communauté qui s’est construite sur les réseaux sociaux, se réjouit la directrice adjointe de l’ESBQ. Je suis impressionnée de voir comment les gens sur Facebook et sur Instagram sont intéressés par nos images, nos spectacles et le parcours de nos diplômés. »

 

Pour Camille Rouleau, ces plateformes contribuent certainement à ce que le ballet gagne en popularité auprès du grand public : « Ça rejoint les gens en dehors du cercle du ballet, autrefois très fermé. »

 

La plus emblématique de ces ambassadrices du ballet se nomme Misty Copeland. Elle est la première danseuse afro-américaine à devenir soliste, puis première danseuse pour l’American Ballet Theatre. Avec ses 1,7 million d’abonnés sur Instagram et plus de 500 000 sur Facebook, la ballerine fait rayonner sa discipline dans Casse-Noisette et les quatre royaumes, de Disney, dont elle est l’une des deux protagonistes. Elle fait aussi connaître le ballet en s’associant à d’autres artistes, comme le rappeur torontois Drake, qui l’a invitée dans le vidéoclip de sa pièce Nice for What.

 

 

 

 

Liens virtuels et engouement réel

 

Une fois l’intérêt pour le ballet piqué, il tend à se maintenir, voire à croître. « En pratiquant soi-même le ballet, on apprécie davantage ce qu’on observe, estime Camille Rouleau. Nous avons des clientes qui se sont créé des groupes Facebook pour aller voir des spectacles de ballet ensemble ! »

 

« Les grands classiques sont souvent des portes d’entrée pour un public souhaitant s’initier à la danse. Ce sont des productions courues, qui sont souvent présentées à guichets fermés. »

 

Pour Natalie Dion, si les Grands Ballets Canadiens présentent chaque année une programmation où le ballet classique côtoie des œuvres contemporaines, « les grands classiques sont souvent des portes d’entrée pour un public souhaitant s’initier à la danse. Ce sont des productions courues, qui sont souvent présentées à guichets fermés. Le public montréalais a toujours témoigné un grand intérêt pour le ballet classique. »

 

Un intérêt qui ne semble pas près de décliner.

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