Tandway (1980) - David Sorensen

Crédit photo : Caroline Bergeron
Architecte de formation – il étudia cette discipline avec le célèbre Arthur Erickson –, David Sorensen quitta définitivement la Colombie-Britannique en 1965 pour venir s’installer au Québec afin de devenir pleinement artiste. Sorensen, qui était particulièrement intéressé par l’art abstrait québécois et en particulier par le travail de Jean-Paul Riopelle, développa des tableaux très construits, très structurés, dans lesquels se lit clairement son intérêt pour l’architecture.
L’œuvre Tandway fut donnée à la Place des Arts en 1984 par le célèbre collectionneur et homme d’affaires Guy de Repentigny, qui s’était fait souvent conseiller dans ses achats par le critique Gilles Toupin de La Presse, par le galeriste Gilles Corbeil ou par Henri Barras, directeur artistique de la Place des Arts. Ce tableau faisait d’ailleurs partie d’une exposition d’envergure de l’artiste à la galerie Gilles Corbeil en mai 1981. Le critique Gilles Toupin avait même cité cette œuvre comme un exemple marquant du travail de Sorensen où les surfaces sont dynamisées par un réseau de sous-structures, de verticales, d’horizontales, de formes géométriques…
Ce travail peut faire penser à l’approche de bien des artistes modernes. Comme l’expliquait un de ceux-ci, le peintre français Maurice Denis à la fin du 19e siècle, il faut « se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». Et afin de faire comprendre aux spectateurs cette réalité, qu’un tableau est avant tout une surface plane, et non une illusion de la réalité, bien des artistes modernes soulignèrent cette matérialité de la peinture en créant des effets de mise en abyme, de cadres dans le cadre… Des peintres aussi célèbres que Matisse ou Picasso ont, bien avant Sorensen, travaillé en utilisant cette approche.
Il faut « se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ».
Cependant, dans Tandway, nous pouvons voir les signes d’une attitude plutôt post-moderne, propre aux années 1970 et 1980. Bien des peintres d’alors s’appropriaient et citaient tout le vocabulaire de la peinture moderne. Au bas du tableau, une ligne d’horizon peinte en aplat pourra faire penser à un Rothko, ailleurs, des formes géométriques évoquent Frank Stella… Sorensen met en scène tout un jeu de références subtiles à l’histoire de la peinture moderne.
Tandway (1980)
David Sorensen (1937-2011)
Don de Guy de Repentigny
Le 12 février: 34 suggestions de spectacles québécois à découvrir à la Place des Arts
Inspirée par l’initiative Le 12 août, j’achète un livre québécois, la cinéaste Myriam Verreault lance un appel à la mobilisation afin d’apporter un soutien financier symbolique au milieu de la culture d’ici.
Article Recommandations Événement
(LA)HORDE et le Ballet national de Marseille: Chorégraphier l’hyperconnectivité
Le collectif français (LA)HORDE revient à Montréal avec Age of Content, une œuvre chorégraphique créée avec le Ballet national de Marseille, qui plonge au cœur de nos existences hyperconnectées.
Article Entrevues
Mot pour mots avec Ana Sokolović
Le clown fascine petits et grands, artistes comme publics. Parmi eux, Ana Sokolović s’est prêtée au jeu du Mot pour mots alors que Clown(s) de l'Opéra de Montréal entre dans le vif de ses répétitions.
Vidéo Entrevues Spectacle
Mots pour mots spécial Évangéline
Nous avons profité du passage de Maude Cyr-Deschênes à la Place des Arts pour lui soutirer quelques mots à propos de la fresque musicale Évangéline.
Vidéo Entrevues Spectacle
L’éducation esthétique : une révolution culturelle en classe
Depuis dix ans, le Programme Éducation de la Place des Arts transforme la façon dont les jeunes entrent en contact avec les arts de la scène.
Article