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Sans titre (1967)
Nicolas Mavrikakis - 16 janvier 2018

Sans titre (1967) - Peter Gnass

Credit photo : Caroline Bergeron

 

Lorsque Peter Gnass réalise cette œuvre à la Place des Arts, il est un jeune artiste de 31 ans ayant une carrière en plein envol. Ayant émigré d’Allemagne au Canada en 1957, il a terminé ses études à l’École des beaux-arts en 1962 en passant entre autres dans l’atelier du célèbre graveur Albert Dumouchel. Comme il le confiait en 1970 au critique Luc Benoit de la revue Vie des arts, avec ce maître il « creuse, incise les plaques de cuivre et de zinc de plus en plus profond » et « cherche à avoir le plus de relief possible».

 

C’est ainsi qu’il découvre le chemin de la sculpture… En 1966, il fait partie du Symposium de sculpture d’Alma. L’année suivante lui est aussi favorable. II exécute une sculpture en alliage de zinc et de cuivre pour le pavillon du Canadien Pacifique Cominco à l'Expo 67 ainsi que cette murale, un triptyque de cuivre, d’acier Corten et de bronze pour le Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

 

Cette œuvre met en scène des vides et des pleins à travers des rythmes visuels inspirés par l’architecture. Par exemple, les verticales dans l’œuvre dialoguent avec les colonnes qui l’encadrent. Il faut dire que c’est l’époque où on parle d’intégration des arts à l’architecture. Le critique Yves Robillard, dans La Presse (mars 1967), écrit d’ailleurs que cette œuvre « est d'abord caractérisée par une poussée verticale rapide de formes s'interpénétrant et se développant horizontalement à une certaine hauteur, suscitant alors toutes sortes de tensions […] ».

 

« Je n'ai jamais sculpté ni bois ni métal. Je construis des choses en procédant par addition. »

 

Rencontré en 2017, Gnass explique qu’il s’agit d’une œuvre abstraite, d’une recherche formelle sur la matière, sur des textures et des formes. Pour la réaliser, il troua des plaques de métal à l’aide d’une machine pour découper de l’acier qui laissait s’échapper des grumeaux, qu’il a ensuite ressoudés à la surface, gardant ainsi les traces de sa réalisation. Cette manière de travailler avait incité le critique Luc Benoit lui aussi souligner l’aspect architectural de cette pièce : « Peter Gnass n'est pas sculpteur mais constructeur. C'est la conclusion à laquelle on arrive après un tour d'horizon de son œuvre tri-dimensionelle. "Je n'ai jamais sculpté ni bois ni métal, dira-t-il. Je construis des choses en procédant par addition." »

 

Sans titre (1967)
Peter Gnass (1936- )
Situé au Théâtre Maisonneuve

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