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Poste d'écoute : zoom sur six grands compositeurs
Philippe Couture - 27 juillet 2020

POSTE D'ÉCOUTE : Zoom sur six grands compositeurs

Avec le Festival de Lanaudière la Virée classique de l’OSM, les mélomanes québécois sont choyés pendant l’été. En 2020, malgré une situation sanitaire complexe, ils peuvent vibrer au diapason des plus grands compositeurs, grâce entre autres à cette sélection de pièces de maîtres compositeurs.

 

Notre liste se concentre sur six compositeurs unanimement salués : Ludwig van Beethoven, Maurice Ravel, Claude Debussy, Camille Saint-Saëns, Franz Liszt et W. A. Mozart. Ensemble, ils nous invitent à un voyage dans trois époques, des virtuosités de Mozart et de Beethoven à l’époque classique jusqu’à l’audace de Debussy et à l’impressionnisme de Ravel à l’époque moderne, en passant par la ferveur de Saint-Saëns et de Liszt à l’époque romantique.

 

 

Mozart, créateur en liberté

Sa musique incarne l’esprit des Lumières : un vent de liberté et d’affranchissement sans pareil. Mozart, pendant sa courte mais foisonnante existence, a été façonné par son époque, notamment dans sa volonté de s’émanciper de l’autorité du prince-archevêque Schrattenbach – il a été le premier musicien à oser cette indépendance.

 

Son Requiem, composé pendant la dernière année de sa vie, est entré dans l’histoire en tant que chef-d’œuvre absolu, louangé pour sa grâce et sa solennité. Les exégètes apprécient aussi la majesté de son Concerto pour piano no 21 et le caractère innovant de la Symphonie no 40. Sans oublier les célèbres opéras Don Giovanni et La Flûte enchantée. Notre liste d’écoute retient plutôt la Symphonie no 35 en ré majeur, une sérénade tour à tour habitée de feu, puis de calme et de fraîcheur. Savourons-en le premier mouvement, dans une version interprétée par l’orchestre slovaque Capella Istropolitana, sous la direction de Barry Wordsworth.

 

Symphonie no 35 en ré majeur, K. 385, dite « Haffner » : 1. Allegro con spirito, de Mozart 

 

 

 

L’intensité de Beethoven

Romanesque fut la vie de Beethoven, né en Allemagne en décembre 1770 et poussé par un père violent et alcoolique à développer son talent musical dès le plus jeune âge – à l’image de Mozart, dont la carrière fleurit à cette époque.

 

Pianiste prodige et compositeur fiévreux, Beethoven a créé une œuvre énergique qui a préparé l’évolution vers le romantisme. La surdité qu’il a progressivement développée à partir de 1796 ne l’a pas empêché de continuer à produire des chefs-d’œuvre.

 

Toute son œuvre célèbre l’héroïsme et la joie. C’est par exemple le cas de la Symphonie n° 3, dite « Héroïque » (1804), du Quatrième Concerto pour piano, puis des grands Quatuors à cordes op. 59 (numéro 7, numéro 8 et numéro 9) ainsi que du célèbre Concerto pour violon en ré majeur op. 61 

 

À Montréal, le tout premier concert présenté à la Maison Symphonique à son ouverture en septembre 2011 était une interprétation musclée de sa Symphonie no 9 par l’Orchestre symphonique de Montréal, sous la direction de Kent Nagano, qui a fait l’objet d’un album sous étiquette Analekta. Notre liste d’écoute en propose quelques mouvements, notamment le quatrième, avec ses puissants chœurs dont les textes sont en partie tirés de L’Ode à la joie du poète Friedrich von Schiller. Vous les reconnaîtrez.

 

Symphonie no 9 en ré mineur, op. 125 : 4. Presto – Allegro ma non troppo, de Beethoven

 

 

 

Émouvant Liszt

Né en Hongrie, dans une ville appartenant aujourd’hui au territoire de l’Autriche, Liszt a grandi à Vienne et a marqué l’histoire de la musique avec Wagner en tant que fondateur de la « nouvelle école allemande » de Weimar et pilier du romantisme en musique. Sa vie a été marquée par des périodes de dévotion religieuse puis de nombreuses conquêtes féminines, mais surtout par une œuvre grandiose, libre, poétique et narrative, marquée par des morceaux de piano brillants, comme les 19 Rhapsodies hongroises et l’incontournable Liebesträume n° 3. Notre liste d’écoute propose le Concerto pour piano no 1, interprété par l’Orchestre Symphonique de Boston en 1988.

 

Concerto pour piano nº1 en mi bémol majeur S. 124 : 1. Allegro maestoso, de Liszt

 

 

 

L’élégance de Saint-Saëns

Pianiste et organiste virtuose, le compositeur français Camille Saint-Saëns a été l’élève de Gounod avant de voler de ses propres ailes, en plein essor du romantisme – et de se faire chantre d’un antiwagnérisme virulent.

 

Sa musique, d’une grande précision et d’une rare élégance, est également créative et non dénuée d’humour, comme en témoigne son célèbre Carnaval des animaux, qu’il considérait lui-même comme un simple « amusement ». Le Concerto pour violon no 2, à écouter dans notre liste d’écoute dans une interprétation dirigée par Kent Nagano, est réellement porté par la grâce.

 

Concerto pour violon no 2 en do majeur, op. 58 : 1. Allegro moderato e maestoso – a tempo più allegro, de Camille Saint-Saëns

 

 

 

L’esprit rebelle de Debussy

Claude Debussy, compositeur français né en 1862 et mort en 1918, a su créer un univers musical formellement décomplexé et poétiquement chargé que l’on peut savourer dans des pièces comme son célèbre Clair de Lune ou encore La fille aux cheveux de lin.

 

Inspiré d’un poème de Stéphane Mallarmé, le Prélude à l’après-midi d’un faune est vu par plusieurs comme la pierre d’assise de la musique moderne. Cette œuvre profondément enveloppante a en effet marqué son époque par son refus des règles et des contraintes formelles ainsi que par son ambiance de forêt magique et tragique. Une musique crépusculaire et féérique à laquelle l’OSM rendait grâce en 2015 avec le violoniste Andrew Wan, sous la direction de Kent Nagano.

 

Prélude à l’après-midi d’un faune, L. 86, de Debussy

 

 

 

Inexorable Ravel

Né en 1875 et mort en 1937, Maurice Ravel est également un compositeur précoce, dont le talent a été reconnu dès l’enfance. Mais il s’estimait « paresseux » et a mis plus de temps avant de connaître la gloire, dans le contexte de la Première Guerre mondiale.

 

Son fameux Boléro est possiblement la pièce la plus jouée de toute l’histoire de la musique, avec sa mélodie prenante et son irrésistible progression dramatique ancrée dans une mécanique répétitive et lancinante, évoluant vers une finale explosive. Ce n’était pourtant pas l’œuvre favorite du compositeur français, qui lui préférait son Concerto pour la main gauche, sa deuxième composition la plus célèbre, ou encore Gaspard de la nuitMa Mère l’Oye ou L’Enfant et les Sortilèges. Écoutons-le tout de même…

 

Boléro, M.81, de Ravel

 

 

 

Jusqu'au 9 août

Sur l'Esplanade de la Place des Arts

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