Plume Latraverse
Maryse Boyce - 29 mars 2019

Plume Latraverse, l’artiste intarissable

Artisan résolument hors norme de la chanson d’ici, Plume Latraverse roule sa bosse depuis près d’un demi-siècle sur les scènes du Québec, en plus de peindre et d’écrire de la fiction. Portrait d’une figure monumentale et férocement indépendante du paysage musical québécois.

 

Depuis ses débuts à la fin des années 1960, Plume mène une carrière sur les chemins de traverse. L’auteur-compositeur-interprète évolue en dehors des circuits commerciaux et évite autant que possible l’attention médiatique.

 

C’est ainsi qu’entre Triniterre en 1971, au sein du groupe la Sainte Trinité, et Rechut ! en 2016, une vingtaine d’albums de pièces originales et une dizaine de compilations (dont les cinq volumes du Lour passé de Plume Latraverse) ont vu le jour.

 

Considéré à juste titre comme l’un des monuments de la musique québécoise, celui qu’on nomme souvent simplement Plume échappe toutefois aux catégorisations. Son œuvre oscille entre la chanson inspirée de Charles Trenet et le rock, notamment par ses collaborations avec Offenbach et Stephen Faulkner.

 

Son répertoire est donc beaucoup plus varié que le laisse croire la chanson « Bobébine », qui l’a fait connaître de toute une génération et dont la reprise par Éric Lapointe l’a fait aimer à la suivante. Encore à ce jour, il considère la pièce comme « l’arbre qui a caché la forêt ».

 

Artiste jusqu’au bout

 

Né Michel Latraverse, il devient Plume en référence à sa passion pour la peinture, son « premier métier », qu’il pratique encore en parallèle avec la musique. À ses yeux, la chanson forme une extension de son univers pictural.

 

En 1984, l’artiste dit momentanément au revoir à la scène avec le Show d’adiable, et profite de cette pause pour se consacrer à la peinture et à la littérature. Il publie trois romans entre 1987 et 1995 : Contes gouttes ou le pays d’un reflet, Pas d’admission sans histoire et Striboule.

 

Reconnaissance tardive

 

Si l’engouement du public pour Plume Latraverse ne s’est pas fait attendre, il en a été autrement du côté des radios, qui l’ont longtemps boudé. Est-ce en raison de son personnage de scène flamboyant, voire vulgaire, de la lucidité acérée de sa plume ou de son refus d’adhérer aux codes de l’industrie musicale ? Toutes ces réponses, vraisemblablement.

 

Tardif, l’aval de l’industrie s’est manifesté de manière officielle à l’automne 2002, sous la forme d’un prix Félix hommage que lui a remis l’ADISQ pour l’ensemble de sa carrière.

 

Séquelles de scène

 

Trois ans après son premier passage à la Cinquième Salle, Plume revient à la Place des Arts pour y présenter Séquelles. Ce spectacle intimiste s’inscrit dans la continuité de sa tournée Récidives, où il revisitait des chansons méconnues de son vaste répertoire. Le chanteur avait alors réactivé son processus créatif, qu’il qualifie de maladie incurable. En est né son dernier album à ce jour, Rechut !, dont le titre fait un clin d’œil à la fois à ses moments d’isolement et de silence, et à ce retour à la scène.

 

Séquelles reprend la forme que du précédent spectacle : une approche acoustique misant sur les chansons à texte du répertoire de Plume. Le chanteur sera une fois de plus accompagné de Jean-Claude Marsan à la guitare et de Grégoire Morency à la basse.

 

 

Plume Latraverse en trois clics

 

Une rare entrevue de fond, accordée à Catherine Pogonat dans le cadre des entretiens Chez Georges-Émile.

 

 

 


 

L’une des chansons qui résument le mieux l’ironie et la finesse de l’écriture de Plume : Les pauvres.

 

 

 

 

D’un Plume à l’autre, un documentaire radio en quatre épisodes produit par Radio-Canada.

 

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