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Norman McLaren : la créativité sans limites d’un géant de l’animation
Maryse Boyce - 21 avril 2020

Norman McLaren : la créativité sans limites d’un géant de l’animation

Avec ses films bouillonnants d’énergie et de ludisme, le cinéaste d’animation Norman McLaren a insufflé la vie aux lignes, aux couleurs, aux humains et aux objets avec une égale dose de génie et d’empathie. Portrait de ce pionnier créatif qui a sans cesse repoussé les limites de son art.

 

Reconnu pour ses expérimentations, que ce soit en grattant la pellicule ou en la peignant, en recourant à la pixilation (un procédé d’animation image par image, pour les objets comme pour les humains) ou à diverses techniques d’impression, le cinéaste a gardé toute sa carrière le goût de l’exploration et du jeu. « C’est quelqu’un qui voulait toujours essayer du nouveau, qui voulait toujours expérimenter », résume Albert Ohayon, conservateur de collection à l’Office National du Film (ONF).

 

Né en Écosse en 1914 et arrivé au Canada en 1941 à la demande de l’ONF, qui lui a alors donné le mandat de créer de courts films d’animation pour promouvoir l’effort de guerre, McLaren a développé lentement mais sûrement le département d’animation de l’ONF, jusqu’à lui valoir une réputation enviable. Son travail ludique et son amour des nouvelles techniques ont façonné l’esprit du département.

« Sa carrière a influencé des cinéastes à travers la planète, pas juste au Canada », constate le conservateur plus de 30 ans après sa mort, survenue en 1987.

 

De l’animation… à la musique électronique

Dans tous les films de McLaren, images et musique se répondent dans une danse irrésistible. C’est que pour le cinéaste, le son constitue également une matière à animer. Déjà adepte du dessin sur la pellicule, McLaren a poursuivi ses explorations sur la portion sonore du film 35 mm, qui comprenait à l’époque une section sonore. Il a consigné le résultat de ses expérimentations dans un système structuré de fiches.

« Il est considéré comme l’un des pionniers de la musique électronique, parce qu’il a pu dessiner directement sur la pellicule. », confirme Albert Ohayon.

 

Faites de l’art, pas la guerre : Voisins

Si McLaren arrive à l’ONF pour soutenir l’effort armé, la guerre de Corée révèle au monde sa fibre pacifiste. En réponse à ce conflit, il crée Voisins, un film aux techniques mixtes dans lequel deux hommes vivant côte à côte se mènent une lutte sans merci afin de s’approprier une fleur ayant poussé entre leurs deux terrains. « C’était très important pour lui de se servir de l’animation et de ses films pour passer un message. Dans Voisins, c’est qu’il n’y a personne qui gagne dans une guerre », poursuit le conservateur de l’ONF.

 

Le film a valu au réalisateur et au studio l’Oscar® du meilleur film d’animation en 1952. « Pendant une vingtaine d’années, c’était le film le plus demandé et le plus réservé de l’ONF », rappelle Albert Ohayon. À la lumière du propos du film comme de l’inventivité des techniques utilisées, il n’est pas surprenant que l’œuvre ait été ajoutée au Registre Mémoire du monde de l’UNESCO en 2009.

 

Si cette œuvre lui a valu autant de reconnaissance, la filmographie de Norman McLaren ne se résume toutefois pas aux Voisins. « Voisins, c’est un film parmi une grande carrière », spécifie Albert Ohayon, qui croit sincèrement qu’il y a un film de McLaren destiné à chacun de nous, tant son exploration a été vaste et soutenue pendant la quarantaine d’années qu’a duré sa carrière.

 

Que ce soit avec le chef-d’œuvre technique et monument poétique Pas de deux, dans ses expérimentations plus abstraites avec les lignes, l’inventivité de Canon ou encore l’enthousiasmant Le merle, le talent kaléidoscopique de McLaren a toujours de quoi réjouir et inspirer.

 

En trois clics

 

Voisins (1952). Ce film, le plus connu et estimé de Norman McLaren, lui a valu un Oscar®.

 

 

 

Boogie-Doodle (1941). Dans ce film d’animation bouillonnant réalisé sans caméra, les traits vifs dessinés par McLaren répondent à l’entraînant boogie du pianiste Albert Ammons.

 

 

 

Pas de deux (1968). Pas besoin de s’intéresser à la danse pour être touché par la beauté de ce film qui décompose de magnifique façon le mouvement chorégraphique. Pas de deux a valu à McLaren une nomination aux Oscars®.

 

 

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