superstitions
Crédit photo : Caroline Bergeron photo
Crédit photo : Caroline Bergeron photo
Anne-Hélène Dupont - 13 octobre 2017

Les superstitions au théâtre, c’est du sérieux !

Pour terroriser un acteur de théâtre, il suffit de lui souhaiter bonne chance en lui tendant un bouquet d’œillets alors qu’on porte des vêtements verts, puis de repartir en sifflotant. Voici pourquoi.

 

Quand la merde porte chance

Il ne faut jamais souhaiter bonne chance à un comédien qui s’apprête à monter sur scène : la formule porterait malheur. Dites-lui plutôt « merde ». Et ne vous attendez pas à des remerciements ; eux aussi attireraient le mauvais sort.

Cette tradition remonterait au 19e siècle, alors que les spectateurs se rendaient au théâtre en voiture à cheval. Si le crottin s’accumulait près de l’entrée, c’était signe que les spectateurs étaient nombreux. Se souhaiter beaucoup de merde, c’était donc se souhaiter le succès.

 

Fil, guinde ou bout…

…mais jamais « corde » ! Ce mot est lui aussi proscrit dans un théâtre. C’est que les techniciens de scène étaient autrefois d’anciens marins, et que sur les navires, toutes les cordes ont un nom particulier : drisse, amarre, écoute… La seule corde qu’on désignait par ce mot est celle qui servait... à pendre les criminels !

 

Sifflez à vos risques et périls

On ne siffle pas dans un théâtre, sachez-le. Certains voient dans cette superstition une autre pratique issue de la marine : les régisseurs, d’anciens marins, communiquaient entre eux à l’aide de sifflements codés. En sifflant à contretemps, on risquait donc d’entraver le bon déroulement du spectacle.

D’autres croient que cette interdiction vient du 19e siècle, alors qu’on éclairait les salles au gaz. Un sifflement pouvait alors indiquer une fuite de gaz, donc un risque d’explosion.

 

Interdiction de porter du vert

Dans la tradition théâtrale française, le vert est une couleur maléfique. Une croyance qu’on comprend mieux quand on connaît son origine : à la Renaissance, les tissus verts étaient teints à l’aide d’une substance toxique, l’oxyde de cuivre.

Chaque culture théâtrale a d’ailleurs ses propres tabous en matière de couleur : en Angleterre, c’est le bleu qu’on évite de porter sur scène. Les comédiens italiens évitent soigneusement le violet, et les Espagnols, le jaune.

 

Pas d’œillets, s’il vous plaît

Offrir des fleurs aux comédiens dont on vient admirer la performance : quelle délicate attention ! Mais mieux vaut éviter les œillets. Les comédiens ont ces fleurs en horreur parce qu’elles étaient autrefois une façon pour le directeur du théâtre de leur indiquer que leur contrat n’était pas renouvelé. À ceux qu’il réembauchait, il offrait plutôt des roses.

 

Place aux fantômes                      

Vous pensiez que les théâtres étaient fermés le lundi en raison de la faible affluence ? Pas du tout – ou du moins, pas seulement. C’est que le lundi est réservé aux pièces jouées par les fantômes ! D'ailleurs, faisant office de veilleuse, la sentinelle est une lampe posée sur un haut pied, allumée sur scène lorsque les théâtres sont déserts et plongés dans l’obscurité, après que les représentations et les répétitions sont terminées. Elle éclaire les fantômes pendant qu'ils jouent sur scène! 

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