Coronavirus (Covid-19)

Depuis le 8 octobre, la Place des Arts pourra accueillir des spectateurs dans ses salles, et ce au maximum de leur capacité et dans le respect des consignes sanitaires de la santé publique. Veuillez consulter les détails

superstitions
Crédit photo : Caroline Bergeron photo
Crédit photo : Caroline Bergeron photo
Anne-Hélène Dupont - 13 octobre 2020

Les superstitions au théâtre, c’est du sérieux !

Pour terroriser un acteur de théâtre, il suffit de lui souhaiter bonne chance en lui tendant un bouquet d’œillets alors qu’on porte des vêtements verts, puis de repartir en sifflotant. Voici pourquoi.

 

Quand la merde porte chance

 

Il ne faut jamais souhaiter bonne chance à un comédien qui s’apprête à monter sur scène : la formule porterait malheur. Dites-lui plutôt « merde ». Et ne vous attendez pas à des remerciements ; eux aussi attireraient le mauvais sort.

Cette tradition remonterait au 19e siècle, alors que les spectateurs se rendaient au théâtre en voiture à cheval. Si le crottin s’accumulait près de l’entrée, c’était signe que les spectateurs étaient nombreux. Se souhaiter beaucoup de merde, c’était donc se souhaiter le succès.

 

Fil, guinde ou bout…

 

…mais jamais « corde » ! Ce mot est lui aussi proscrit dans un théâtre. C’est que les techniciens de scène étaient autrefois d’anciens marins, et que sur les navires, toutes les cordes ont un nom particulier : drisse, amarre, écoute… La seule corde qu’on désignait par ce mot est celle qui servait... à pendre les criminels !

 

Sifflez à vos risques et périls

 

On ne siffle pas dans un théâtre, sachez-le. Certains voient dans cette superstition une autre pratique issue de la marine : les régisseurs, d’anciens marins, communiquaient entre eux à l’aide de sifflements codés. En sifflant à contretemps, on risquait donc d’entraver le bon déroulement du spectacle.

D’autres croient que cette interdiction vient du 19e siècle, alors qu’on éclairait les salles au gaz. Un sifflement pouvait alors indiquer une fuite de gaz, donc un risque d’explosion.

 

Interdiction de porter du vert

 

Dans la tradition théâtrale française, le vert est une couleur maléfique. Une croyance qu’on comprend mieux quand on connaît son origine : à la Renaissance, les tissus verts étaient teints à l’aide d’une substance toxique, l’oxyde de cuivre.

Chaque culture théâtrale a d’ailleurs ses propres tabous en matière de couleur : en Angleterre, c’est le bleu qu’on évite de porter sur scène. Les comédiens italiens évitent soigneusement le violet, et les Espagnols, le jaune.

 

Pas d’œillets, s’il vous plaît

 

Offrir des fleurs aux comédiens dont on vient admirer la performance : quelle délicate attention ! Mais mieux vaut éviter les œillets. Les comédiens ont ces fleurs en horreur parce qu’elles étaient autrefois une façon pour le directeur du théâtre de leur indiquer que leur contrat n’était pas renouvelé. À ceux qu’il réembauchait, il offrait plutôt des roses.

 

Place aux fantômes

 

Vous pensiez que les théâtres étaient fermés le lundi en raison de la faible affluence ? Pas du tout – ou du moins, pas seulement. C’est que le lundi est réservé aux pièces jouées par les fantômes ! D'ailleurs, faisant office de veilleuse, la sentinelle est une lampe posée sur un haut pied, allumée sur scène lorsque les théâtres sont déserts et plongés dans l’obscurité, après que les représentations et les répétitions sont terminées. Elle éclaire les fantômes pendant qu'ils jouent sur scène ! 

 

Ne prononcez pas Macbeth !

 

On attribue le pouvoir maléfique de cette pièce de Shakespear au fait que, au cours d'une scène, Lady Macbeth évoque les mauvais esprits. Selon le folklore, la superstition daterait de sa toute première représentation à Londres. Shakespeare aurait alors été contraint de remplacer l’acteur, décédé subitement, qui devait incarner Lady Macbeth. Les productions de cette tragédie attirent ainsi sur elles la malchance, les accidents et tous les malheurs possibles. Les troupes qui s'y risquent s'abstiennent donc d'en prononcer le titre, faisant plutôt référence, lorsqu'elles en parlent, à cette «pièce écossaise», puisqu'elle se passe en Écosse, ou encore à la «pièce innommable». On n'est jamais trop prudent...

Go to top