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Les Productions Menuentakuan : du théâtre autochtone sous le signe de la conversation
Philippe Couture - 25 juin 2020

Les Productions Menuentakuan : du théâtre autochtone sous le signe de la conversation

L’ère est à la réconciliation entre Premières Nations et allochtones, et c’est par le théâtre que les Productions Menuentakuan s’engagent dans ce dialogue nécessaire. La compagnie codirigée par deux comédiens autochtones et un acteur montréalais allochtone produit des spectacles ancrés dans l’émotion et l’humour pour raconter des identités meurtries.

 

Nous voici sur la scène du Théâtre Denise-Pelletier, à Montréal, en février 2016. Une grande table percée et brûlée en son centre sert d’unique élément de décor à la pièce Muliats, qui marque l’entrée officielle des Productions Menentuakuan dans le paysage théâtral québécois, après l’organisation par la compagnie de différents évènements interdisciplinaires depuis 2013.

 

Muliats raconte l’exil d’un Innu vers Montréal et sa rencontre, pleine d’embûches et de conceptions erronées, avec son nouveau coloc québécois. Le public découvre alors la griffe unique du trio de créateurs formé par le Wendat Charles Bender, l’Innu Marco Collin et l’allochtone Xavier Huard : un théâtre résolument autochtone, mais créé conjointement par des membres des Premières Nations et des Québécois avides de dialogue.

 

Leur objectif : briser le mur de l’indifférence et de la méconnaissance qui s’érige trop souvent entre les peuples du Québec. Racisme, langue, identité, héritage, stéréotypes : la compagnie aborde ces sujets sans filtre, dans un théâtre frontal carburant aux grandes émotions où se glissent de fines touches d’humour.

 

En 2018, la compagnie s’aventure sur un terrain plus politique et plus tragique avec la première mise en scène en français de la pièce Là où le sang se mêle (Where the Blood Mixes), du dramaturge de la nation Nlakapamuk Kevin Loring : une plongée dans la douloureuse histoire des pensionnats autochtones au Canada. Une nouvelle production, Alterindiens, aurait pris l’affiche chez Denise-Pelletier au printemps 2020, si la pandémie mondiale n’était venue interrompre la saison théâtrale.

 

Charles, Marco et Xavier

 

Codirigeant la compagnie dans un esprit de cohésion entre les Premières Nations et les autres Québécois, Charles Bender, Marco Collin et Xavier Huard marquent l’histoire du théâtre québécois : leur collectif de création autochtone n’est que le deuxième du genre à naître sur notre territoire après le Théâtre Ondinnok.

 

Pour raconter ses histoires, l’équipe des Productions Menuentakuan brise parfois les conventions d’identité, pour mieux souligner l’importance du dialogue entre les Autochtones et les Blancs, faisant par exemple interpréter le rôle d’une Québécoise aux propos racistes par la comédienne et poétesse innue Natasha Kanapé Fontaine.

 

La compagnie théâtrale fait aussi entendre la langue innue dans toute sa ferveur, soulignant sa poésie et sa musicalité : un geste fort sur une scène théâtrale québécoise où cette langue est une invitée rare.

 

En trois clics

 

Dans cette capsule du Centre national de collaboration Éducation autochtone, Marco Collin et Xavier Huard racontent la genèse et la mission de la compagnie.

 

 

 

 

La langue innue résonne avec ardeur et prestance dans la bande-annonce de la pièce Muliats, créée en 2016.

 

 

 

 

Troisième production professionnelle des Productions Menuentakuan, la pièce AlterIndiens promet à nouveau de pointer les préjugés et de dynamiter les idées reçues. Elle met entre autres en scène le jeune comédien Étienne Thibeault, que l’on suit dans cette intrigante vidéo promotionnelle.

 

 

 

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