Flamenco et moi
Crédit photo : Photo noir et blanc - Marie-Eve Perreault
Crédit photo : Photo noir et blanc - Marie-Eve Perreault
Catherine Courchesne - 11 mars 2019

Le flamenco et moi : une histoire d’amour en quatre temps

Le flamenco. Un genre musical et chorégraphique qui, dès mon plus jeune âge, m’a intriguée. Il me suffisait d’entendre ces chants a cappella ou accompagnés à la guitare, ou de voir ces duos de danseurs fougueux se défier sensuellement du regard, pour être transportée loin, très loin, quelque part en Andalousie…

 

J’ai toujours eu l’oreille musicale et adoré danser. Et d’aussi loin que je me rappelle, le flamenco m’a attirée. Envoûtée. Par sa musique, sa gestuelle, ses costumes, sa charge émotive, son histoire… Avec le recul, je me rends compte que mon amour pour lui s’est développé en quatre temps. Et qu’il perdure!

 

Premier temps

 

J’ai eu mon premier contact avec le flamenco alors que, jeune patineuse artistique, j’ai interprété une chorégraphie qui en était inspirée. J’adorais ce numéro. Du haut de mes dix ans, je sentais manquer de maturité pour exprimer toute la force sensuelle qui se dégage du flamenco. Je l’effleurais, sans pourtant l’incarner… Peut-être par gêne ou par manque d’audace. Oui, il faut de l’audace pour danser le flamenco. Il faut savoir s’imposer et occuper tout l’espace avec son corps. Avec fierté, confiance et grâce.

 

Deuxième temps

 

Ma seconde rencontre avec le flamenco a eu lieu à l’adolescence, au cours de mes leçons de piano. Bien que le flamenco soit avant tout joué à la guitare, ma professeure m’a fait apprendre une pièce du compositeur espagnol Joaquín Turina Pérez. Par son rythme et sa sonorité, la pièce exprimait toutes les tensions, les passions et les douleurs des peuples d’Andalousie… Tout pour rejoindre l’adolescente torturée que j’étais !

 

Troisième temps

Lorsque j’ai eu 18 ans, le flamenco est revenu dans ma vie grâce à une torride histoire d’amour. J’avais alors un amoureux fou de moi… et fou de Paco de Lucía, ce célèbre guitariste espagnol considéré par de nombreux spécialistes comme le plus grand musicien de flamenco de tous les temps. Qui de mieux que Paco pour embraser deux tourtereaux ?

 

Quatrième temps

 

Finalement, la vingtaine. Moment où j’ai ressenti le besoin de conquérir et d’exprimer ma féminité… Ce que j’ai choisi de faire en suivant des cours de danse flamenco. C’est ainsi que j’ai appris à danser en robes longues parées de volants et en chaussures à talons hauts. Tout comme à jouer des castagnettes.

 

J’ai compté mes pas un nombre incalculable de fois avant d’arriver à bouger de manière intuitive : un, deux, trois et quatre, orteils, talons, talons, orteils et clac ! Un claquement de mains nommé palmas – avant de détourner la tête de manière vive, le regard défiant, le menton relevé, le torse bombé et la jupe légèrement relevée… Tout mon corps semblait dire : « Regardez ma force et ma beauté ! »

 

Ma force et ma beauté. Voilà bien deux choses que m’a apprises le flamenco.

 

J’écris ces mots des années plus tard et l’envie de danser sur la musique enflammée de Paco de Lucía jaillit de nouveau en moi. Une envie à laquelle je n’ai d’ailleurs aucune raison de résister… ¡ Olé !

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