Coronavirus (Covid-19)

Suite aux recommandations de la Santé publique, les spectacles et activités publiques prévus jusqu’au 28 octobre prochain sont annulés ou reportés. Au-delà de cette date, la Place des Arts pourra accueillir jusqu'à 250 personnes. Voir les dernières mises à jour

Karen Pinette Fontaine, du cinéma à la musique
Philippe Couture - 27 septembre 2018

Karen Pinette Fontaine, du cinéma à la musique

« Regardez-moi dans le blanc des yeux », chante Karen Pinette Fontaine dans le spectacle Nikamu Mamuitun, implorant la population québécoise de faire un pas vers les Premières Nations. Zoom sur une chanteuse et réalisatrice innue en pleine ascension.

 

Sa voix est ronde et se refuse à tout excès. Avec Karen Pinette Fontaine, qui s’accompagne simplement au ukulélé ou au piano, la musique est intime et feutrée. Son folk discret, chanté en français, raconte en partie la culture innue qu’elle cherche à reconquérir : elle parle peu la langue de ses ancêtres, mais y aspire. La musique, assurément, lui pave un chemin vers cette identité millénaire.

 

« Regardez-moi dans le blanc des yeux »

 

Dans une perspective plus universelle et intemporelle, ses chansons racontent aussi les passages et déchirements de la vie. Dans la chanson Dernier train, par exemple, elle évoque l’exil nécessaire à celle qui veut élargir ses horizons : « Ailleurs je vais mourir / Je pars sans t’embrasser. »

 

Comme musicienne, elle s’est d’abord fait remarquer à la télé, à l’émission Le Rythme, sur APTN. Puis les choses se sont enchaînées, et la voici considérée comme l’un des jeunes espoirs musicaux autochtones du Québec, elle qui se voyait pourtant cinéaste.

 

Des débuts derrière la caméra

 

Née à Maliotenam, sur la Côte-Nord, Karen Pinette Fontaine s’est d’abord affirmée comme réalisatrice. Issue d’une cohorte de cinéastes de Wapikoni mobile, organisme au sein duquel elle a produit son premier court-métrage, elle a vite adopté le langage cinématographique.

 

Intitulé Batailles, le film la met en scène marchant dans l’obscurité, sur fond de narration poétique en voix hors champ. Visuellement fécond et profondément ancré dans une prise de parole viscérale, le film plonge dans les pensées d’une jeune femme ayant quitté une fête tonitruante pour se réfugier dans une réflexion sur le sens de la vie.

 

Présenté dans différents festivals de cinéma partout dans le monde, le film y a récolté quelques prix. Une victoire pour les artistes autochtones du Québec, et surtout, dirait sans doute Karen Pinette Fontaine, une victoire pour les femmes autochtones, qu’elle souhaite voir rayonner davantage. Car si elle est cinéaste et musicienne, elle est aussi une féministe accomplie !

 

Karen Pinette Fontaine fait partie du spectacle Nikamu Mamuitun - Chansons rassembleuses qui prend l’affiche le 26 octobre à la Cinquième Salle.

 

En 3 clics

 

Le vidéoclip de la chanson Dernier train, où la chanteuse s’efface peu à peu à mesure que le soleil se couche

 

Un matin, court-métrage réalisé par Karen Pinette Fontaine en 2016 avec Wapikoni mobile

 

Karen Pinette Fontaine en entrevue sur l’aventure Nikamu Mamuitun dans une capsule de Musicaction

 

 

 

Go to top