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En résidence – Sonia Bustos : après la dénonciation, la lumière
Crédit photo : Thibault Carron
Crédit photo : Thibault Carron
Maryse Boyce - 29 octobre 2021

En résidence – Sonia Bustos : après la dénonciation, la lumière

La danseuse et créatrice d’origine mexicaine Sonia Bustos s’intéresse à la condition féminine et à la mémoire. Si elle s’est penchée dans ses œuvres précédentes sur le processus de dénonciation des violences patriarcales, elle s’emploie maintenant à inventer avec le triptyque Luz une suite porteuse de guérison et d’espoir. 

 

Luz : Dentelle prend la forme d’un solo de danse de 20 minutes pour lequel la musicienne Moe Clark compose en direct un univers sonore. C’est particulièrement ce volet que Sonia Bustos et son équipe de collaboratrices ont approfondi en résidence à la Place des Arts. Luz : Terre consiste pour sa part en une performance participative de broderie et de danse dans les parcs, alors que Luz : Écho se déploiera en galerie d’art sous forme d’installation. « Ce sont des projets qui sont liés, explique Sonia Bustos, même si les lieux, les propos et les ambiances sont très différents. Ils se nourrissent [mutuellement]. »

 

 

Une présentation du volet Luz : Terre a d’ailleurs eu lieu à l’occasion du festival Phénomena le 17 octobre dernier, à la veille de la résidence de création à la Place des Arts. Cette performance a donné une grande impulsion à l’équipe pour se plonger dans le travail sur Luz : Dentelle.

 

Partir de l’étoffe 

 

L’artiste a pris comme point de départ de cette œuvre deux grandes jupes blanches utilisées pour la danse traditionnelle de la région de Veracruz, au Mexique. Ces deux vêtements ayant appartenu à sa mère, « ce sont deux objets chargés de souvenirs » qui épousent différentes symboliques au fil de l’œuvre, expose-t-elle. « Les deux jupes dictent beaucoup la gestuelle dans ce projet-ci. »

 

Très tôt dans la genèse de Luz : Dentelle, Sonia Bustos a animé des ateliers de danse auprès de femmes et de personnes non binaires au Mexique, dans les villes de Mexico et Oaxaca. À la fin de ces ateliers, l’artiste a recueilli auprès de ces personnes des gestes et des mots synonymes pour elles de guérison. Et elle s’en est inspirée pour sa création.

 

 

« Les deux jupes dictent beaucoup la gestuelle dans ce projet-ci. »

 

Si chacun de ces gestes est unique, à l’image de chaque individu, la danseuse a été marquée par « une grande tendance à aller chercher dans ces gestes guérisseurs une ouverture et une amplitude dans le corps », qui part le plus souvent de la poitrine ou du bassin. Quant aux mots, ils incluent « vie », « collectivité », « famille », « force » et « beauté ». « Ce sont des choses qu’on se dit à soi-même, mais qu’on souhaite aussi aux autres », souligne Sonia Bustos.

 

La guérison, un mot féminin?

 

Ces gestes d’une solidarité féminine tissée au fil des ateliers et du processus de création donnent l’impression que ce spectacle, et plus largement cette guérison, s’adresse à tous, et plus particulièrement à toutes. Si Sonia Bustos souhaite évidemment que chaque personne puisse participer à cette réparation, son processus de création est davantage « tourné vers les personnes s’identifiant comme femmes ou [personnes] non binaires », notamment parce que son point de vue d’artiste s’ancre dans cette réalité.

 

Peaufiner le travail au corps

 

La résidence à la Place des Arts, qui s’est tenue du 18 au 22 octobre dernier, tombait à point nommé, car Luz : Dentelle sera présenté à Tangente du 20 au 23 novembre.

 

Cette semaine de travail intensif passée avec la dramaturge du triptyque, Yohayna Hernandez, la conceptrice d’éclairage Laura-Rose R. Grenier et la musicienne Moe Clark, qui fait partie du processus de création depuis le début du projet, a permis de mettre en commun les parties sur lesquelles chacune avait jusqu’alors travaillé individuellement. Cette mise en commun représente une étape cruciale pour Sonia Bustos.

 

« Je ressors de cette résidence avec plein de questions et de réflexions. C’est toujours exigeant, mais surtout très stimulant d’avoir accès à une semaine [de création] intensive. Ça aide vraiment le processus. »

 

La résidence de création a également permis d’approfondir la relation entre la musique et le corps, qui s’est révélée fondamentale dès le début de la création. Sonia Bustos ne tarit pas d’éloges sur le travail empreint de sensibilité de Moe Clark. « Je ressors de cette résidence avec plein de questions et de réflexions. C’est toujours exigeant, mais surtout très stimulant d’avoir accès à une semaine [de création] intensive. Ça aide vraiment le processus. »

 

Luz : Dentelle sera présenté à Tangente du 20 au 23 novembre 2021.

 

Le programme L’Art en soi, dont l’existence est rendue possible grâce au soutien financier de la Fondation de la Place des Arts et ses partenaires, offre un appui aux artistes dans le but de faciliter la création et le déploiement d’œuvres originales. Les Résidences d’artistes procurent aux créateurs des conditions optimales d’exploration, d’expérimentation ou de production d’une œuvre, soit en salle de répétition ou de spectacle.

 

Crédit photo : Thibault Carron

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