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En résidence – Hoor Malas : corps et âme
Crédit photo : Thibault Carron
Crédit photo : Thibault Carron
Benoît Valois-Nadeau - 13 mai 2021

En résidence – Hoor Malas : corps et âme

Si notre corps pouvait parler, indépendamment de notre esprit, qu’aurait-il à nous dire? C’est l’intrigante question constituant le fondement de la pièce If My Body Had a Name, sur laquelle la danseuse et chorégraphe d’origine syrienne Hoor Malas a travaillé lors de sa récente résidence de création à la Place des Arts.

 

La volonté d’explorer la relation entre corps, esprit et mouvement qui est à la base de cette œuvre est née de l’immobilité : celle à laquelle la pandémie de COVID-19 nous a tous contraints. « L’idée m’est venue durant le premier confinement, en Syrie », se souvient l’artiste de 35 ans, qui a été inspirée par une conférence de l’auteur britannique Ken Robinson dans laquelle celui-ci déplorait qu’on envisage souvent le corps comme un simple véhicule pour le cerveau.  

 

 

« C’est l’étincelle qui a lancé ma réflexion sur ce lien entre le corps et l’esprit, sur la relation entre les deux. J’ai commencé à me demander : comment ressent-on les choses au travers de notre corps, comment communique-t-on avec notre corps? Finalement, quel est le lien qui unit le corps et l’esprit? »

 

Pour réfléchir à cette vaste question qui occupe les penseurs depuis des siècles, Hoor Malas s’est appuyée aussi bien sur la lecture d’ouvrages de psychologie que sur ses propres constatations.

 

« Comment ressent-on les choses au travers de notre corps, comment communique-t-on avec notre corps? Finalement, quel est le lien qui unit le corps et l’esprit? »

 

« J’y ai ajouté des réflexions sur mon propre corps et des observations sur les gens qu’on croise dans la rue; comment ils marchent, s’assoient, se grattent la tête. J’ai toujours été fascinée par tout ce que notre corps peut faire. Nous pouvons faire des choses miraculeuses. En même temps, de petits gestes, des détails peuvent en dire beaucoup sur ce que nous ressentons. J’ai toujours cru que notre corps ne mentait jamais. Parfois, on affirme quelque chose, mais notre corps dit exactement le contraire. Le corps dit la vérité à sa façon. »

 

Une histoire en mouvement

 

Hoor Malas s’est également servie de sa propre expérience. En décembre dernier, elle a choisi, avec son partenaire de vie, de faire le grand saut : quitter la Syrie et les horreurs de la guerre civile pour s’établir au Canada. « En tant que nouvelle arrivante, je me questionne sur la façon dont notre corps vit ce changement : comment le paysage résonne-t-il en nous, comment notre corps se comporte-t-il dans différents endroits? »

 

 

Pour traduire ses questionnements en mouvements, Hoor Malas a pu bénéficier des conseils de la danseuse et chorégraphe de renom Margie Gillis lors d’une première résidence de création de l’organisme Danse à la carte. Le processus s’est poursuivi lors d’une seconde résidence artistique, du 26 avril au 2 mai, à la Place des Arts cette fois, mais toujours avec le soutien de Margie Gillis, qu’elle décrit comme sa mentore.

 

Ce temps en studio a permis à Hoor Malas de travailler sur la structure des différentes scènes qui composeront le futur spectacle ainsi que sur la musique qui l’accompagnera. Pour ce volet, elle collabore avec Shadi Ali, un compositeur syrien installé en Suède. « Nous travaillons via Zoom, et ça fonctionne, s’émerveille la soliste. Nous voulons faire de la musique un véritable personnage du spectacle, et non uniquement une trame de fond. »

 

 

« En tant que nouvelle arrivante, je me questionne sur la façon dont notre corps vit ce changement : comment le paysage résonne-t-il en nous, comment notre corps se comporte-t-il dans différents endroits? »

 

Malgré la distance, les deux artistes partagent une expérience et une culture communes. « Il a lui aussi quitté la Syrie, [dans son cas] il y a plusieurs années. Dans notre culture, nous parlons beaucoup avec les mains, nous sommes très expressifs. Cela fait partie de ce que je veux utiliser [dans le spectacle] : les poses, les gestes qui affectent notre corps, en fonction d’où nous venons. »

 

 

If My Body Had a Name fait partie du projet de tournée Danses de résistance, qui comprendra également des œuvres solos de Nasim Lootij et Valérie Sabbah. Cette dernière co-dirige le projet avec Dena Davida. Le résultat est attendu sur les planches à l’automne 2022.

 

« Elles nourrissent mon travail, affirme Hoor Malas à propos de ses collaboratrices. Ce sont des artistes très expérimentées, très sincères. Elles sont inspirantes par leurs commentaires, leurs réactions et leurs observations. »

 

« Nous partageons toutes les trois une histoire de déplacement, poursuit-elle. Nasim a quitté l’Iran pour la France, puis le Québec, alors que Valérie, d’origine marocaine, est installée à Rimouski. Ça influence certainement la façon dont nous travaillons. »

 

L’artiste espère présenter If My Body Had a Name en solo l’hiver prochain si la situation sanitaire le permet. « J’aime voir ce projet comme un voyage, une route dont je ne connais pas encore l’aboutissement », conclut Hoor Malas.

 

 

Le programme L’Art en soi, rendu possible grâce au soutien financier de la Fondation de la Place des Arts et ses partenaires, offre un appui aux artistes dans le but de faciliter la création et le déploiement d’œuvres originales. Les Résidences d’artistes procurent aux créateurs des conditions optimales d’exploration, d’expérimentation ou de production d’une œuvre, soit en salle de répétition ou de spectacle.

 

Crédit photo : Thibault Carron

 

 

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