Coronavirus (Covid-19)

À la suite de la décision du gouvernement du Québec de fermer les salles de spectacle, la Place des Arts suspend ses activités en présentiel pour une durée indéterminée. Les détenteurs de billets seront directement informés prochainement. Surveillez vos courriels. Merci de votre collaboration. Veuillez consulter les détails

En résidence – Gainsbourg selon Dylan Kell-Kirkman
Crédit photo : Thibault Carron
Crédit photo : Thibault Carron
Sara Fauteux - 2 décembre 2021

En résidence – Gainsbourg selon Macka Jazz

Chez certains, la crise sanitaire qui nous a frappés de plein fouet en 2020 a eu un effet paralysant. Chez d’autres, cette période incertaine a plutôt fait jaillir un désir de mouvement. Le bassiste montréalais Dylan Kell-Kirkman est assurément de ceux-là. La pandémie a été pour lui un catalyseur, l’amenant à se lancer dans un projet de création musicale au long cours dans lequel il revisite l’œuvre de Serge Gainsbourg.

 

Ainsi est né Gainsbourg en reggae, un spectacle qui mettra en lumière le répertoire reggae de Gainsbourg et revisitera certaines de ses chansons les plus populaires. « En tant qu’anglophone, je n’ai pas grandi avec Serge Gainsbourg. C’est à travers ses albums reggae que je l’ai découvert », explique le musicien, très actif sur la scène jazz de la métropole. « Avec mon groupe de reggae-jazz, Macka Jazz, j’ai pensé que ce serait intéressant d’explorer un peu plus sa musique avec une nouvelle perspective musicale. »

 

 

Le quatuor s’est donc lancé dans un processus de création autour de l’œuvre de Gainsbourg. En résidence du 15 au 21 novembre dans le Studio G de la Place des Arts, les musiciens ont créé de nouveaux arrangements instrumentaux pour certaines pièces de ce monument de la musique française.

 

 

Dylan Kell-Kirkman précise : « On ne prépare pas un hommage en bonne et due forme. Au début, je pensais reprendre les chansons des albums reggae de Gainsbourg, Aux armes et cætera et Mauvaises nouvelles des étoiles plus ou moins sous leur forme originale, mais au fil du travail, j’ai réalisé qu’il serait également très riche de proposer des relectures reggae de ses grands classiques. L’idée, c’est qu’un fan de Gainsbourg venant voir le spectacle reconnaisse les chansons par les paroles et les rythmes, mais découvre son œuvre sous un autre jour. »

 

 

Personnifier Gainsbourg

 

Pour incarner le chanteur légendaire, dont le charisme et la dégaine si particulière sont certes inimitables, l’idéateur de Gainsbourg en reggae a fait appel à un collaborateur croisé il y a plusieurs années, le poète urbain ivoirien Fabrice Koffy. « Fabrice effectue un travail de composition libre autour de la figure de Serge Gainsbourg et apporte sa propre couleur aux textes. Cette semaine, on a travaillé en formation réduite avec Fabrice, David (Ryshpan) aux claviers, Jahsun à la batterie et moi à la basse, pour explorer différentes possibilités et s’approprier le matériel. » À ce noyau s’ajouteront sans doute d’autres complices, dont des choristes, au fur et à mesure que se déploieront les arrangements.

 

 

« L’idée, c’est qu’un fan de Gainsbourg venant voir le spectacle reconnaisse les chansons par les paroles et les rythmes, mais découvre son œuvre sous un autre jour. »

 

Le lieu de la création

 

Pour Dylan Kell-Kirkman et ses acolytes, le Studio G de la Place des Arts est à différents égards propice au déploiement de leurs langages artistiques. En premier lieu, atout non négligeable pour les musiciens jazz, le studio est équipé d’un piano. En deuxième lieu, ils découvrent que la possibilité d’utiliser un éclairage de scène, même à un stade plutôt précoce du travail, s’avère un outil important pour développer un langage scénique, créer différentes ambiances et explorer les effets possibles entre le son et l’espace.

 

 

Dylan Kell-Kirkman sait qu’il n’est qu’à l’aube d’un long processus de recherche musical avec ce Gainsbourg en reggae et profite de chaque temps de création. « C’est rare de bénéficier d’un espace pour prendre le temps de chercher, sans être stressé par les contraintes financières. » Il poursuit : « Au-delà de ça, il y a quelque chose d’assez inspirant à se trouver dans le bâtiment de la Place des Arts, une institution importante au Québec et qui a accueilli des centaines d’artistes à travers les époques. Pour nous, ça a une grande valeur d’avoir été sélectionnés parmi d’autres artistes pour cette résidence. On est contents de soulever un intérêt avec ce type de projets. »

 

 

Le programme L’Art en soi, dont l’existence est rendue possible grâce au soutien financier de la Fondation de la Place des Arts et ses partenaires, offre un appui aux artistes dans le but de faciliter la création et le déploiement d’œuvres originales. Les Résidences d’artistes procurent aux créateurs des conditions optimales d’exploration, d’expérimentation ou de production d’une œuvre, soit en salle de répétition ou de spectacle.

 

Crédit photo : Thibault Carron

Go to top