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En résidence – Caroline Gravel et l’effet du numérique sur le corps
Crédit photo : Thibault Carron
Crédit photo : Thibault Carron
Philippe Couture - 20 mai 2021

En résidence – Caroline Gravel et l’effet du numérique sur le corps

Au croisement de la danse et de la performance, la démarche de l’interprète et chorégraphe Caroline Gravel vise à documenter les traces que laissent sur le corps nos interactions grandissantes avec le virtuel. Sa résidence de création à la Place des Arts devient pour ce faire un observatoire du vivant.

 

Vous l’avez peut-être vue dans les spectacles de Frédérick Gravel ou de Catherine Gaudet, où sa présence puissante et sa gestuelle ferme ne passent jamais inaperçues. Interprète phare de la danse contemporaine montréalaise, Caroline Gravel mène en parallèle depuis quelques années des recherches personnelles qui témoignent de son intérêt pour la relation entre le corps et sa représentation dans l’espace social. « En explorant la division entre les faits, la mémoire et l’expérience, mes œuvres s’inspirent de la notion d’évènement et examinent la question de leur représentation », explique-t-elle.

 

Cette fois, elle tente de capter et de dessiner la manière dont l’humain se projette constamment dans des espaces numériques, à une époque où le virtuel nous contamine sans cesse. « Mon projet s’intitule Practical Happiness, a Song and Other Niceties. Il interroge le continuum entre l’espace numérique et l’espace analogique, en explorant l’effet du numérique sur le corps. »

 

 

La forme finale de cette recherche, entamée il y a quelques mois au Théâtre du Grand-Sault du Centre culturel Henri-Lemieux, est encore indéterminée. Un spectacle ? Une installation ? « Je préfère pour l’instant rester ouverte à toutes les possibilités ; cultiver et valoriser l’imperfection », indique la créatrice.

 

 

Une danse construite par la conversation

 

Rien de tel, pour ces explorations, que de reproduire un contexte de groupe. En respectant les mesures sanitaires, Caroline Gravel a ainsi accueilli, au fil d’une semaine de travail en résidence à la salle de répétition G de la Place des Arts, une quinzaine d’artistes venus l’aider à défricher son vaste terrain d’étude.

 

 

Au fil des jours, elle a alterné les rencontres et capté les textures du moment. Le matin : atelier de partage de pratique, où des membres de la communauté de la danse et des artistes en danse ont échangé avec la chorégraphe sur ses préoccupations et se sont livrés à ce qu’elle appelle le « travail d’état ». L’après-midi : expérimentations plus concrètes avec un groupe de collaborateurs invités.

 

« Le studio me permet de vivre une intimité avec les volontaires, les collaborateurs et les invités. On s’y installe et s’y sent chez nous. C’est un bonheur d’occuper un espace qui en quelque sorte nous appartient pour un temps »

 

Doucement, des questions et des constats ont émergé. Sur le numérique et la question des écrans, d’abord. « Nous avons discuté de la manière dont l’écran nous fait sortir de nos corps, rapporte-t-elle. Quand je suis devant un écran, je suis au moins en partie en dehors de moi. J’ai envie d’explorer cette matière-là, d’envisager l’écran comme une matière qui affecte le vivant. »

 

 

Elle poursuit : « Je travaille avec l’idée selon laquelle le numérique ne se passe pas seulement en ligne ou à l’écran. Le phénomène conditionne aussi l’espace analogique, ou “réel”, notamment à travers de nouvelles configurations sociales et de nouvelles organisations économiques. »

 

De l’art d’être en groupe

 

À travers ce questionnement sur les nouvelles normes sociales d’un monde de plus en plus numérique, Caroline Gravel revisite certains thèmes abordés dans ses projets précédents, qui sondaient « les modes d’être ensemble dans la création en art vivant ». Elle explique : « Cela été le sujet essentiel de nos premières conversations en résidence. Les rôles attendus, les suppositions, les transactions, les enjeux de pouvoir. »

 

« Le studio me permet de vivre une intimité avec les volontaires, les collaborateurs et les invités. On s’y installe et s’y sent chez nous. C’est un bonheur d’occuper un espace qui en quelque sorte nous appartient pour un temps », conclut-elle.

 

 

Le programme L’Art en soi, rendu possible grâce au soutien financier de la Fondation de la Place des Arts et ses partenaires, offre un appui aux artistes dans le but de faciliter la création et le déploiement d’œuvres originales. Les Résidences d’artistes procurent aux créateurs des conditions optimales d’exploration, d’expérimentation ou de production d’une œuvre, soit en salle de répétition ou de spectacle.

 

Crédit photo : Thibault Carron

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