Le trésor
Crédit photo : Mikaël Theimer
Crédit photo : Mikaël Theimer
Maryse Boyce - 29 janvier 2020

En résidence à la Place des Arts : Pierre-Paul Savoie et Le Trésor

Les adultes connaissent PPS Danse par ses spectacles hybrides, comme Danse Lhasa Danse. Mais la compagnie permet aussi aux plus jeunes de se familiariser avec la poésie de Jacques Prévert et le théâtre absurde d’Eugène Ionesco. Pierre-Paul Savoie et son équipe reviennent cet hiver à la Place des Arts avec une nouvelle création qui intègre classiques de la chanson québécoise, danse, marionnettes et arts visuels.

 

Nous avons rencontré le metteur en scène, idéateur et chorégraphe en pleine séance de travail à la Cinquième Salle pour en apprendre davantage sur ce nouveau spectacle.

 

De quoi traitera votre nouvelle pièce Le Trésor?

 

C’est une ode à l’imaginaire de l’enfant. Le spectacle met en scène un frère, une sœur et leur chat dans une maison un jour de pluie. Comment vont-ils combler cette journée où ils ne peuvent pas jouer dehors, mais où tout peut être inventé?

 

Le Trésor ©Mikaël Theimer

 

Les spectacles de PPS Danse embrassent la multidisciplinarité, et Le Trésor ne fait pas exception. Comment cela s’incarne-t-il pour le présent spectacle?

 

Effectivement, notre volonté d’allier les différentes disciplines a toujours été la direction de PPS Danse. Dans Le Trésor, la danse est toujours là. Cette fois-ci, nous avons mis l’accent sur la chanson québécoise pour les enfants. J’ai fouillé dans le répertoire et j’y ai trouvé des perles, tant chez Félix Leclerc que chez Claude Léveillée et Gilles Vigneault. Et j’y ajoute une partie de création.

 

La marionnette joue un rôle central et, fait intéressant, elle est manipulée par des danseurs plutôt que par un marionnettiste. Ça nous a permis de développer un autre rapport à la marionnette.

 

Quels sont les défis particuliers pour cette pièce?

 

Le défi est d’ordre physique : c’est une pièce avec énormément de danse. Il y a deux danseurs et ils sont sur scène tout le temps, c’est donc exigeant pour eux, d’autant plus que c’est une œuvre riche dans son vocabulaire dansé. Je suis sûr que ce sera très dynamique pour le public. 

 

Le Trésor ©Mikaël Theimer

 

Votre compagnie PPS Danse a célébré ses trente années d’existence en 2019. Comment Le Trésor s’inscrit-il dans votre trentième saison?

 

Le dialogue est au centre de nos trente ans. En parallèle du spectacle, pendant la semaine de relâche, nous organisons une panoplie d’ateliers avant les spectacles et de discussions avec le public après les représentations. Nous présenterons aussi une exposition dans le hall du théâtre pour célébrer nos œuvres jeunesse. Partager et échanger, c’est notre façon de fêter!

 

Le Trésor s’intègre très bien dans nos trente ans de création, parce que c’est une œuvre où j’ai beaucoup de liberté : c’est moi qui ai imaginé le synopsis. J’ai l’impression d’avoir inventé une œuvre avec mon cœur et mon expérience. J’ai trente ans de métier et je veux que ça paraisse.

 

Parlez-nous de votre expérience avec le jeune public. Est-ce plus facile ou plus difficile de créer pour les petits?

 

Une œuvre jeune public, c’est aussi exigeant sinon plus qu’une œuvre pour adultes. Une des choses que j’ai comprise dès le début, c’est que le rythme doit être soutenu, surtout chorégraphiquement. C’est ce qui fait qu’on conserve l’attention des enfants.

 

Je tiens à préciser que mes œuvres « jeune public » sont pour en fait tout public. Elles ont une réelle qualité artistique, elles peuvent toucher tout le monde par la richesse de leur contenu. C’est là où le pont se fait avec le grand public.

 

Le Trésor ©Mikaël Theimer

 

Vous êtes actuellement en résidence à la Place des Arts pour trois jours, et vous y reviendrez deux jours avant la première du spectacle au début du mois de mars. Qu’est-ce que cette résidence artistique vous permet?

 

Je tenais à venir dans la Cinquième Salle, parce que cette salle est vraiment particulière, avec le public disposé devant, mais aussi de chaque côté de la scène. Par exemple, nous avions pensé disposer le premier tableau à l’avant de la scène, mais en arrivant ici, nous avons réalisé qu’il faut le reculer. Il vaut mieux l’apprendre maintenant que la veille de la première!

 

La pièce n’est pas finie; la première a lieu dans un mois et demi, mais au moins, nous allons connaître nos paramètres : comment éclairer et comment se positionner.

 

Qu’est-ce que vous souhaitez transmettre au jeune public qui viendra voir la pièce avec ses parents?

 

J’ai essayé de saisir ce qu’ils sont comme enfants. J’ai l’impression qu’ils vont se reconnaitre. Les adultes vont revoir leur propre enfance et peut-être vivre un petit deuil en réalisant qu’ils ont laissé ça en cours de route…

 

 

Le Trésor, de PPS Danse, est présenté du 4 au 7 mars 2020 à la Cinquième Salle de la Place des arts.

 

Le Trésor ©Mikaël Theimer

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