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Crédit photo : Thibault Carron
Crédit photo : Thibault Carron
Anne-Hélène Dupont - 26 octobre 2018

En résidence à la Place des Arts : le Groupe RUBBERBANDance

Du 16 au 20 septembre, dans une de nos vastes salles de répétition, les dix danseurs du Groupe RUBBERBANDance s’élançaient sous l’œil attentif du fondateur de la compagnie, Victor Quijada. Nous avons profité d’une pause entre deux enchaînements pour nous entretenir avec lui de son nouveau spectacle, Vraiment doucement.

 

Nous sommes au beau milieu de votre semaine de résidence artistique à la Place des Arts. Comme cela se passe-t-il jusqu’à maintenant ?

 

Très bien ! Le grand avantage de cette salle, pour nous, c’est sa taille. Jusqu’à maintenant, nos productions mettaient en scène six ou sept danseurs au maximum. Cette fois-ci, il y en a dix, alors nous étions à l’étroit dans notre salle de répétition habituelle. C’est pour avoir accès à cet espace que nous avons demandé à la Place des Arts de venir travailler ici pendant un moment.

 

Quel est votre principal objectif de travail cette semaine ?

 

Vraiment doucement sera présenté en octobre en avant-première dans une petite ville canadienne que vous connaissez peut-être… Toronto ! [Rires] Il nous reste beaucoup de travail à faire d’ici là !

 

Idéalement, j’aimerais avoir fini la création de tout le spectacle d’ici la fin de la semaine. Mais comme RUBBERBANDance est ma propre compagnie, je l’accompagne en tournée, alors l’œuvre n’est jamais finie. C’est sûr qu’il y aura des changements après les représentations à Toronto. Même après la première montréalaise, au Théâtre Maisonneuve, le spectacle continuera d’évoluer.

 

Les danseurs sont-ils impliqués dans le processus de création de Vraiment doucement ?

 

Oui, il y a un côté très collaboratif dans ce spectacle. J’ai déjà travaillé avec la plupart des danseurs, alors ils connaissent ma façon de répéter. On utilise cette expérience commune comme tremplin pour aller plus loin.

 

Je travaille aussi avec un dramaturge, Mathieu Leroux, qui participe aux répétitions. Nous discutons des thèmes que je veux aborder, de la façon de les mettre en évidence dans les mouvements des danseurs et dans la structure du spectacle.

Légende : Victor Quijada discute avec les danseurs. Un danseur pose une question. Crédit photo : Thibault Carron

Et quels sont ces thèmes ?

 

Un premier thème est celui de la vulnérabilité. Elle se manifeste dans la chorégraphie : on pousse le mouvement qui fait le style RUBBERBAND jusqu’à ce qu’il soit sur le point de se défaire, pour atteindre cette vulnérabilité.

 

Le spectacle explore aussi les thèmes de la transformation et du chaos qui s’installent quand on laisse tomber un système de croyances pour chercher de nouvelles bases. C’est une métaphore de ce que je vis actuellement, et c’est aussi un questionnement plus large. Je veux que les spectateurs ressentent ce questionnement, qu’ils en aient la chair de poule.

 

Quel est ce « style RUBBERBAND » qui caractérise votre approche ?

 

C’est un style où la danse de rue, avec son dynamisme, rencontre la sagesse et le contrôle qui viennent de la formation en ballet et en danse contemporaine. Le mouvement du corps intègre ces deux types de connaissances. Ce que je veux, maintenant, c’est pousser ce style jusqu’au point de rupture.

 

J’ai l’impression, après 15 ans de développement de la méthode RUBBERBAND, d’être arrivé à un tournant. Je suis satisfait de ce que j’ai accompli, mais je me demande si je vais poursuivre dans la même direction. C’est très fort, ce que j’ai bâti avec ma compagnie, mais j’ai soif d’autre chose.

 

Vous parlez de rupture et de chaos. Or, le spectacle s’intitule Vraiment doucement. Quel lien faites-vous entre ces éléments ?

 

Je pense que les changements, même les grands changements de société, se passent en fait doucement. Les croyances se transforment chez une personne, puis une autre, jusqu’à la révolution. Après le moment charnière, la sortie du chaos se passe elle aussi doucement. La reconstruction demande du temps.

Credit photo : Thibault Carron

Votre compagnie est basée à Montréal, mais vous êtes né à Los Angeles. Vous avez travaillé dans différentes villes d’Amérique du Nord, et vos spectacles ont voyagé jusqu’en Europe et en Asie. En quoi Montréal continue-t-elle de vous inspirer ?

 

Je sens un intérêt particulier pour la culture à Montréal. Il y a un public pour toutes les disciplines artistiques, pour les approches plus traditionnelles ou plus expérimentales, et on peut compter sur des institutions qui offrent beaucoup de soutien. Alors qu’aux États-Unis, les gens vivent pour travailler, ici, les gens travaillent pour vivre. C’est un état d’esprit complètement différent, qui influence ma façon de créer. C’est l’équivalent de respirer un air pur au lieu d’un air pollué !

 

Le spectacle Vraiment doucement est présenté en première au Théâtre Maisonneuve, du 5 au 8 décembre 2018, à 20 h, dans le cadre de la saison 18-19 de Danse Danse.

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