Cosmos musical (1963)
Nicolas Mavrikakis - 25 janvier 2018

Cosmos musical (1963) - Alfred Pellan

Credit photo : Caroline Bergeron

 

À partir de la fin des années 1950, la peinture de chevalet vit une crise. Marcelle Ferron explique qu’elle désapprouvait alors les « collectionneurs [qui] achetaient des tableaux pour les enfermer dans des voûtes de banques ». Bien des artistes imaginent un art plus démocratique exposé hors des galeries et des musées. Cela tombe bien. Le Québec se modernise, on construit de nouveaux bâtiments et le décret du 1% de 1961 sur l’embellissement des édifices publics incite les artistes à créer des œuvres pour les immeubles financés par l’État.

 

En 1963, Alfred Pellan élabore plusieurs pièces monumentales pour des espaces publics, dont la murale The Prairies pour l’aéroport de Montréal et des vitraux, dont celui pour l’aéroport de Winnipeg. Cette année-là, il réalise aussi Cosmos musical, vitrail innovateur, en verre fusionné sans armature, pour le bar principal de la grande salle de la Place des Arts. Pellan était emballé par l’idée de créer pour cette institution publique. Dans L’Action populaire du 5 juin 1963, il explique comment « notre art en a vraiment besoin […] Il y a des œuvres de grande valeur qui se créent ici, mais elles restent trop souvent cachées, on ne sait où aller les voir. […] La Place des Arts contribuera énormément à notre rayonnement artistique ».

 

Cosmos musical se veut « au dire même de l’artiste, une expression du cosmos, de son dynamisme vital et de sa poésie ».

 

Cette œuvre est contemporaine d’autres impressionnants vitraux non religieux réalisés par Marcel Ferron (Verrière de 1968) au métro Champ-de-Mars et par Frédérick Back (Histoire de la musique à Montréal  de 1967) au métro Place-des-Arts. Jean-Paul Mousseau vient d’achever Lumière et mouvement dans la couleur pour le nouveau siège social d’Hydro-Québec, l’une des œuvres les plus imposantes de son époque, faite de fibre de verre et de résine synthétique. Cette œuvre monumentale de Pellan (1,52 x 15,24 m), réalisée elle aussi dans le cadre du 1%, désire dialoguer avec le spectateur dans son quotidien et souhaite donner une dimension spatiale à l’art… Selon le texte de présentation de l’époque, Cosmos musical se veut « au dire même de l’artiste, une expression du cosmos, de son dynamisme vital et de sa poésie ».

 

Cosmos musical (1963)
Alfred Pellan (1906-1988)

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