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Camp de formation de la Place des Arts : quand la médiation culturelle fait la force
Crédit photo : Mikaël Theimer
Crédit photo : Mikaël Theimer
Maryse Boyce - 22 août 2019

Camp de formation de la Place des Arts : quand la médiation culturelle fait la force

Du 13 au 16 août 2019, la Place des Arts déployait la première mouture de son camp de formation autour de la médiation culturelle, qui réunissait quatre équipes de professionnels provenant respectivement de Gaspé, L’Assomption, Laval et Saint-Jean-sur-Richelieu. Une rencontre qui a multiplié les étincelles d’inspiration !

 

Ce projet, soutenu par le ministère québécois de la Culture et des Communications, s’articule autour de l’éducation esthétique, une approche relativement peu connue chez nous, mais dans laquelle le Lincoln Education Center de New York a développé une solide expertise au fil des cinq dernières décennies.

 

 

Provoquer un dialogue entre l’élève et l’œuvre d’art

 

L’éducation esthétique plonge l’élève dans un processus créatif pour l’amener à devenir un spectateur engagé. À travers des ateliers où il doit formuler ses propres choix artistiques, l’élève pose un regard différent sur l’œuvre qui lui est présentée. Les partisans de cette théorie souhaitent que cette attitude active se transpose sur les autres œuvres artistiques auxquelles le jeune sera par la suite exposé, et ultimement, sur le rapport qu’il entretiendra avec sa vie et le monde qui l’entoure. C’est avec cette approche que les participants à ces quatre jours de formation et d’ateliers se sont familiarisés.

 

« L’idée du camp est de se placer dans une posture de partage. Tous [les participants] ont une grande expérience, et il s’agit de voir de quelle façon ça les nourrit et comment ça peut s’intégrer au travail qu’ils font déjà, à leur structure, à leur réalité », explique Marika Crête-Reizes, gestionnaire programmation et accessibilité culturelle à la Place des Arts, également formatrice pendant le camp.

 

 

La formation a été mise sur pied et donnée conjointement par les équipes de la Place des Arts et du Lincoln Education Center. Les deux centres partagent une philosophie d’action et des affinités qui s’inscrivent jusque dans leurs bâtiments, l’architecture de la Place des Arts étant inspirée de celle du Lincoln Center.

 

Pendant quatre jours, chaque équipe régionale a pu développer et peaufiner un projet de culture-éducation qui se déploiera dans sa programmation 2019-2020. Chacune réunissait les intervenants-clés de la réussite du projet : diffuseur, artiste médiateur et enseignant.

 

 

Une précieuse discussion

 

La composition mixte des équipes a été particulièrement appréciée des participants. Elle facilitait d’une part une conversation sur la médiation culturelle et d’autre part la planification de leurs ateliers en sollicitant toutes les expertises, fait rarissime en culture.

 

« Le fait de réunir tout ce beau monde permettait une multiplicité de points de vue », s’enthousiasme l’artiste-médiateur Frédérick Moreau, qui faisait partie de l’équipe de Saint-Jean-sur-Richelieu, rassemblée autour de la Société pour la promotion d’événements culturels du Haut-Richelieu.

 

Même son de cloche du côté d’Annie-Claude Coutu Geoffroy, qui agissait à titre de diffuseur pour l’équipe de L’Assomption, associée au Théâtre Hector-Charland. « Ce que j’ai préféré de l’atelier, ce sont les équipes mixtes. On était dans une relation d’égalité. » Elle dit aussi s’être particulièrement intéressée aux moyens mis en œuvre par le Lincoln Center pour étayer l’approche de l’éducation esthétique, notamment l’embauche d’une philosophe.

 

 

Un concentré d’inspiration

 

Pour Yvette Thériault, enseignante à Gaspé, l’expérience du camp lui a fourni des idées qu’elle a hâte d’adapter à sa réalité régionale. « Les ateliers montrent qu’il y a différents moyens pour arriver à des résultats valables. C’est ce qu’on essaie d’enseigner aux élèves tous les jours, mais il faut le vivre pour y croire — ce que le camp nous a permis. »

 

La formatrice de la Place des Arts acquiesce : « Les élèves ont tendance à chercher la bonne réponse. Or, ce qu’on cherche, c’est leur réponse. Ce qui est aussi mis de l’avant dans les ateliers, c’est qu’il y a plusieurs perspectives possibles. »

 

 

Appuyer l’instinct sur la théorie

 

Si la notion d’éducation esthétique était nébuleuse pour plusieurs participants avant le camp de formation, plusieurs y ont en fait reconnu certaines pratiques qu’ils adoptaient déjà intuitivement. « Ça permet surtout de donner des fondations plus solides à notre travail, observe l’artiste-médiateur Frédérick Moreau. Ça va modifier la structure des médiations que je crée. »

 

Des retombées tangibles

 

Le résultat le plus palpable du camp de formation prend la forme de l’atelier de médiation culturelle que chacune des équipes a développé au fil du camp. « Ça va être applicable dès le mois de septembre dans une école, se réjouit Annie-Claude Coutu Geoffroy. »

 

 

Chaque participant repart en outre dans sa région avec un rôle de passeur de ces nouvelles connaissances auprès de son équipe. « À Gaspé, la notion de médiation culturelle pour les professeurs du primaire n’est pas tout à fait intégrée dans leur approche. Je sais que mes collègues à l’école ont hâte de voir ce que je suis allée apprendre ! », confie Yvette Thériault.

 

Quant à Frédérick Moreau, ce sont ses attentes quant à ses interventions qui se voient clarifiées : « Quand on est artiste-médiateur, on se demande toujours si notre travail est utile, expose-t-il. Je trouve vraiment intéressant de voir qu’une médiation peut avoir un effet à long terme. »

 

Le camp de formation sera de retour dans une formule bonifiée l’année prochaine, intégrant cette fois six équipes régionales. Une troisième mouture est également prévue à l’été 2021.

 

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