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danse urbaine
Crédit photo : Phan Hoi Do
Crédit photo : Do Phan Hoi
Pascaline David - 25 avril 2019

Arts urbains : à chacun son style

Les arts urbains sont bien vivants et riches d’une variété de styles, du hip-hop à la house, en passant par le break et le popping. Le danseur Pierre-Michel Jean-Louis croit qu’il est nécessaire d’éduquer le public et les jeunes à cette culture pour en démocratiser l’accès. Petit guide de la danse urbaine.

 

Née à la fin des années 1970 dans les quartiers défavorisés de New York, la culture hip-hop a donné une voix et un espace à de nombreuses personnes qui vivaient dans des conditions difficiles. Aujourd’hui, d’autres obstacles se dressent devant les jeunes qui souhaitent pratiquer sérieusement les arts urbains, selon l’intervenant jeunesse Pierre-Michel Jean-Louis.

 

« Il faut payer les cours de danse et les compétitions. Il n’y a souvent pas assez de soutien pour les jeunes, indique-t-il. À Montréal, il existe peu de plateformes pour faire découvrir la musique ou les danses urbaines. »

 

L’homme de 33 ans, qui a lui-même débuté avec le break (ou breaking), a ainsi invité des artistes à présenter et à défendre leurs styles dans le cadre du projet Dramatik – Au rythme des mots, du Programme éducatif de la Place des Arts.

 

Genèse du break

 

Inspiré des danses sociales, latines, africaines et russes, de la capoeira, de la gymnastique et même des arts martiaux, le break a fait son apparition au sein des gangs de rue du Bronx vers 1970. Il fait partie des quatre principaux piliers de la culture hip-hop, avec le DJing, le MCing et le tagging (graffiti).

 

Plus qu’une danse, le break est un véritable mode de vie. Chaque danseur représente un groupe et défend ses valeurs ou son quartier à travers des duels (battles) où les participants exécutent des mouvements de pieds rapides debout, puis des acrobaties au sol.

 

« La scène de break est très vivante. Il y a beaucoup de talent à Montréal, estime le danseur montréalais Victor Sono, connu sous le nom d’artiste Vicious. Par contre, ça demande de la discipline, comme un sport. »

 

De nombreuses compétitions de break sont d’ailleurs organisées à l’échelle internationale. Cette danse a été présentée aux Jeux olympiques de la Jeunesse en 2018, à Buenos Aires. Il est même question qu’elle soit admise aux Jeux olympiques de 2024.

 

Similaire au break, la danse sociale qui a pris le nom de hip-hop à la fin des années 1980 comprend des mouvements qui rebondissent au rythme de la musique de même que des party moves, soit des gestes faciles à reproduire qui se partagent de façon virale. Aujourd’hui plus chorégraphié, le hip-hop était originellement une danse plus libre. Cette version nommée freestyle est d’ailleurs encore pratiquée aujourd’hui.

 

« Le freestyle, c’est spontané, ça vient naturellement, explique la chanteuse et danseuse Karina-Talia Olimpo. Je préfère ça à une chorégraphie précise qu’il faut apprendre et répéter. »

 

Les danses de l’ère funk

 

Cousins du hip-hop, d’autres styles de danse comme le popping et le locking ont été popularisés dans les années 1970 en lien avec le développement de la musique funk, un dynamique mélange de soul, de jazz et de R&B.

 

« Le popping comprend tous les mouvements robotiques, les ondulations avec le corps, alors que locking est un peu plus animé et caractérisé par des pointes et des sauts », explique Pierre-Michel Jean-Louis. 

 

« Locking » vient en fait du terme anglais lock, qui signifie verrouiller, puisqu’il consiste en des poses précises et tranchées dont l’un des mouvements principaux est le wrist roll (rotations rapides des poignets).

 

Moins connu, le waacking a quant à lui débuté dans les clubs disco fréquentés principalement par des Latinos, des Afro-Américains et des personnes LGBTQ+, pour permettre à ceux qui ne le pouvaient pas de s’exprimer et d’être eux-mêmes. Ces mouvements fluides et rapides des bras et des épaules tirent leur nom du terme anglais whack, soit l’action de frapper violemment.

 

Quand la popularité du disco s’est essoufflée, la house a pris le relais dans les clubs, à commencer par le Warehouse de Chicago, où le DJ précuseur du genre, Frankie Knuckles, se produisait. Ce courant musical proche du funk se caractérise par un tempo rapide et des sons générés électroniquement, avec des extraits de chansons mis en boucle à l’aide de deux tables tournantes.

 

La danse associée à la house est, comme beaucoup d’autres genres, un exutoire pour ses adeptes. « Aujourd’hui, elle a pris beaucoup d’ampleur, mais elle reste principalement une danse de club », observe Pierre-Michel Jean-Louis.

 

Tous ces genres et sous-genres seront dignement représentés lors du Block Party des 3 et 4 mai, à la Place des Arts.

 

Photos

Crédit photo : Do Phan Hoi
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