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11 nations, 11 artistes : là où l’art autochtone coule de source
Philipppe Couture - 18 novembre 2021

11 nations, 11 artistes : là où l’art autochtone coule de source

Nombre d’entre nous connaissent trop peu les nations autochtones d’ici, et il est temps de rectifier le tir. La Place des Arts contribue à ce mouvement collectif avec l’événement Micro ouvert autochtone, une fin de semaine d’ateliers et de spectacles à l’Espace culturel Georges-Émile Lapalme. En marge de cet événement, découvrez chacune des 11 nations du Québec à travers des artistes phares et des figures émergentes de ces horizons culturels riches et diversifiés.

 

Dire que nous traversons une période artistique autochtone féconde est un euphémisme. Partout au Québec, les artistes provenant des premiers peuples innovent tout en honorant leurs racines, et jouissent d’une attention médiatique et populaire bien méritée. Leur renommée n’est certes pas encore à son apogée, mais grâce à des artistes qui ont ouvert la voie et à une relève vigoureuse, les premiers peuples ont maintenant une place de choix dans le paysage culturel. Rendez-vous à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts les 21 et 22 novembre 2021 pour une foule d’activités autour des cultures et des pratiques de premiers peuples d’ici lors de Micro ouvert autochtone.

 

De la nation innue : Matiu

 

Les Innus, principalement installés sur la Côte-Nord et au Saguenay, forment une incomparable pépinière d’artistes musicaux ; peut-être est-ce en partie dû à l’effervescent festival Innu Nikamu de Mani-utenam. C’est là que Matiu, chanteur folk-rock à la voix rugueuse, a notamment fait ses classes, suivant l’influence de Florent Vollant, l’un de ses mentors. Ils sont nombreux à avoir suivi un chemin similaire, de Kathia Rock à Scott Pien-Picard ou Shauit.

 

 

Du côté des Inuit : Elisapie

 

Elle n’a plus vraiment besoin de présentation. Elisapie, originaire de Salluit au Nunavik, chante d’une voix aussi apaisante que texturée, et son approche folk-rock est chargée d’émotions. Surtout, elle nous a fait découvrir la beauté et les sonorités poétiques de l’inuktitut. Les Inuits du Québec, vivant au nord du 55e parallèle au Nunavik, dans la baie d’Hudson et la baie d’Ungava, sont des amants de la nature et des artistes nés.

 

 

Chez les Wôbanakis (ou Abénakis) : Alanis Obomsawin 

 

Impossible de s’intéresser aux Wôbanakis, nation aujourd’hui installée principalement en Estrie et dans la région Centre-du-Québec, sans évoquer la grande cinéaste Alanis Obomsawin. Sans relâche, elle a documenté la vie et l’histoire des Autochtones, afin de faire valoir une vision de l’histoire plus fidèle à la réalité que celle qui a été trop longtemps enseignée dans nos écoles. Ses films sur la crise d’Oka, notamment, sont des joyaux du cinéma québécois, à voir et à revoir.

 

 

Chez les Anishinabeg (Algonquins) : Emilie Monnet

 

Nouvelle figure incontournable des arts de la scène au Québec, Emilie Monnet est d’origine anichinabée (une nation vivant de nos jours principalement en Abitibi-Témiscamingue et en Outaouais). Emilie Monnet est pour sa part née à Ottawa, d’une mère anichinabée et d’un père français, et est maintenant installée en Outaouais. Son théâtre performatif puisant dans la richesse poétique et les symboles de sa nation a fait d’elle l’une des jeunes artistes les plus courues sur nos scènes ces dernières années.

 

 

De la nation atikamekw : Ivan Boivin Flamand

 

Au Québec, les Atikamekw vivent surtout dans Lanaudière et la Haute-Mauricie. C’est là qu’a grandi Ivan Boivin-Flamand, membre du groupe Maten, qui fait aussi carrière solo et crée du folk-pop accessible et baigné d’émotions. Artiste précoce, révélé par Wapikoni mobile alors qu’il n’avait que 13 ans, Ivan est un guitariste prodige dont la technique est applaudie, mais qui ne jure que par la musique pop-rock populaire. Il joue aussi très bien du piano, comme vous l’entendrez dans cette pièce.

 

Chez les Eeyou (Cris) : The NorthStars

 

Les Cris sont installés principalement à la baie James, et c’est là, dans le village de Nemaska, sur le territoire Eeyou Istchee, que se sont rencontrés les trois rappeurs de The NorthStars : Keith Lacroix, Elton J. Salt et Gary Jolly. À 300 kilomètres au nord de Chibougamau, ils ont grandi ensemble et créé un hip-hop percutant, au flow acéré, s’inspirant des codes du rap américain, mais portant un message positif destiné aux jeunes Autochtones.

 

Chez les Hurons-Wendats : Ondinnok

 

Les Hurons-Wendats vivent principalement près de Québec, à Wendake. Ici, le théâtre fait partie de l’ADN de la communauté – notamment grâce à Ondinnok, la toute première compagnie théâtrale autochtone implantée au Québec. Aujourd’hui installée à Montréal, elle a été fondée en 1985 par Yves Sioui Durand. Lauréat d’un Prix du Gouverneur général du Canada pour les arts du spectacle en 2017 et nommé Compagnon de l’Ordre arts et des lettres du Québec en 2018, ce pionnier a jeté les bases d’un théâtre enraciné dans l’imaginaire des Premières Nations d’ici. La vitalité actuelle du théâtre autochtone québécois est en partie due aux artistes de cette compagnie, qui en ont posé les premiers jalons.

 

 

De la nation Wolastoqiyik (malécite) : Ivanie Aubin-Malo

 

Au Québec, la nation Wolastoqiyik vit surtout au Bas-Saint-Laurent et entretient des liens forts avec les communautés malécites du Nouveau-Brunswick. En danse contemporaine, l’une des jeunes artistes autochtones les plus prometteuses de la scène montréalaise est issue de cette nation : Ivanie Aubin-Malo. Sa danse croise les codes de la danse contemporaine à ceux de la danse fancy shawl, une danse traditionnelle dansée dans les pow-wow partout au Canada.

 

 

De la nation naskapie : Violent Ground

 


Leur hip-hop engagé raconte les difficultés des Premières Nations et s’ancre dans l’histoire de la nation naskapie. Violent Ground est un duo rap anglophone formé de frères ayant grandi à Kawawachikamach, sur la Côte-Nord, à la frontière avec Terre-Neuve-et-Labrador. C’est dans ce coin nordique que vit la majorité de la nation naskapie, une population de 796 personnes.

 

 

Chez les Mi’kmaq : Quentin Condo, alias Q052

 

Les Mik’maq, principalement installés en Gaspésie et plus principalement dans la Baie-des-Chaleurs, forment l’une des nations les plus anciennes sur notre territoire : ils étaient là bien avant l’arrivée des Vikings et des Européens. C’est au sein de cette communauté pétrie d’histoire qu’a grandi Quentin Condo, alias Q052, l’une des étoiles montantes du rap québécois, lui aussi un artiste profondément engagé dont l’œuvre dénonce les injustices auxquelles font face les Premières Nations.

 

 

De la nation Kanien’kehá:ka (mohawk) : Barbara Diabo

 

Établis surtout à Montréal et dans les Laurentides, les membres de la nation Kanien’kehá:ka sont de fiers et ardents défenseurs de leur langue et de leur culture. Née au sein de cette communauté dynamique à Kahnawake, la danseuse et chorégraphe Barbara Diabo fusionne les gestuelles traditionnelles et contemporaines. Elle est notamment spécialiste de la danse du cerceau traditionnelle, dansée dans les pow-wow. Il lui arrive même parfois de puiser dans les codes du breakdance pour créer son langage dansé unique.

 

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